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LE CHATEAU DE MEUDON 



Venez découvrir le domaine embelli par les plus grandes figures de l'histoire de France : François Ier, Louis XIV, Louis XVI, Napoléon ... 

 

 
 
ABEL SERVIEN
(1593 - 1659)



Modélisation de l'Orangerie du Château-Vieux de Meudon, avec Abel Servien, vers 1658. 
Réalisation de l'auteur, 20 avril 2012, tous droits réservés. 
Les deux petits canaux de briques ont été découverts en avril 2012 : ils servaient pour l'écoulement des eaux. 

Abel Servien, Surintendant de Louis XIV, est celui qui a donné l'impulsion décisive à Meudon.
On lui doit les plus grands travaux de terrassements du domaine.








Schéma représentant la table de 32 couverts installée lors du mariage de la fille d'Abel Servien avec le marquis de Rosny, le 1er octobre 1658, au Château-Vieux de Meudon,
"dans la plus belle salle", ainsi que nous le précise Loret.

Réalisation de l'auteur, 21 avril 2012, tous droits réservés. 
Cette cérémonie fut un moment de fête très important pour Meudon. Le banquet eut lieu "dans la plus belle salle" : il ne peut donc s'agir que du Salon Ovale. Voyez comme la restitution de la table des 32 couverts dans cette pièce s'ajuste d'ailleurs parfaitement. Une chasse suivit le festin. 
Le vicomte de Grouchy, dans son livre Meudon Bellevue, cite la date du 1er octobre 1656 pour cette cérémonie, mais il s'agit d'une erreur de frappe. 


Cette cérémonie peut également célèbrer l'achèvement du salon ovale, dit alors le "Salon du Roy".





Abel Servien de Bois Dauphin (1593-1659)
Inscription au dos : "chevalier et marquis de Sablé et de Château Neuf, comte de Laroche des Aubiers, baron de Meudon, Sénéchal d'Anjou, conseiller ministre secrétaire d'Etat, Surintendant des finances, chancelier du Roi"

Marbre, Achat de l'Etat, 1961, Ecole française
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon Sculptures MV 8144

 



Portrait d'Abel Servien, Marquis de Sablé et de Boisdauphin
Miniature sur cuivre   H.  7 cm ;   L. 5,5 cm
Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques  Inventaire RF 206


 

 

Abel Servien, marquis de Sablé, est au faîte de sa carrière quand il achète Meudon en 1654. Il a 61 ans, occupe la charge de Garde des Sceaux et de Surintendant des finances du royaume, en collaboration avec Nicolas Fouquet. Humaniste et homme de lettres, il est membre de l'Académie Française depuis 1634. Il en sera propriétaire jusqu'à sa mort, survenue à Meudon, en 1659.
 

Le premier souci d'Abel Servien est de restaurer les bâtiments du domaine. Il profite de ces importants travaux pour faire reconstruire l'avant-corps du château qui a près de deux siècles d'existence. L'architecte Louis Le Vau est chargé d'établir le projet. Il  réalise un vaste pavillon central, à la toiture octogonale, en forme de pyramide tronquée.

Cependant, le court passage d'Abel Servien au château de Meudon sera surtout marqué par la création de l'avant-cour, appelée aussi la Grande Terrasse.

Le château n'avait alors aucun dégagement du côté nord. Au-delà du mur de la cour d'honneur s'étendaient des près, coupés par des vallons où se nichaient quelques maisons du village. Servien acquiert ces terrains et lance la construction d'une terrasse de 450 mètres de long dans le prolongement de la cour d'honneur. Le travail est gigantesque : il faut combler les déclivités, aplanir le sol, défricher, démolir les maisons, et surtout, édifier d'énormes murs de soutènement pour retenir les terres de cette terrasse et celles de la terrasse supérieure.

Pour orner ce mur, Servien fait reprendre le motif, créé, jadis, sous le cardinal de Lorraine, pour la Grotte : des gaines monumentales qui sont placées à intervalles réguliers comme de titanesques contreforts.
 

La terrasse est encore en travaux, en 1657, mais déjà elle force l'admiration des visiteurs :

"...Elle n'est pas encore achevée, mais il y fait travailler continuellement quantité de monde pour aplanir et abattre le reste de l'éminence qui l'empeschait d'avoir une grande basse-court et une belle avenue. Elle est soutenue, du côté de Paris, d'une très haute muraille qui s'élève d'un lieu si bas et si enfoncé, qu'il semble un précipice.

De cette terrasse, on a une vue qui n'en a point d'égale pour sa beauté ni pour la diversité qui est la mieux meslée qu'on puisse imanginer... On contemple à plein la plus vaste, la plus riche, la plus magnifique ville de la chrestienté... Cette terrasse sert d'avant court, et au bout, on trouve le corps de logis qu'on fait rhabiller et rebastier à la moderne..."
 

Et le visiteur enthousiaste poursuit :

"Comme tout est toujours trop petit pour les immenses richesses d'un Surintendant, il a fait agrandir son enclos d'environ une demi-lieue de pays. Comme il a fait de grandes acquisitions et passé d'un costeau à l'autre, il a eu la commodité de faire deux beaux estangs en un vallon qu'y forment ces deux petites éminences..."
 

Abel Servien acquiert, en effet, les bois de Clamart et de Trivaux ainsi que toutes les terres appartenant encore à l'abbaye de Saint-Germain-des-Près, sur le territoire de la commune de Meudon.
 

Grâce à ces nouveaux terrains, il peut poser les jalons du parc qu'André Le Nostre parachèvera quelques années plus tard. Ce dernier a sans doute travaillé à Meudon en collaboration avec Louis Le Vau du temps de Servien, de 1654 à 1659. Il trace la grande trouée qui deviendra l'axe principal de la composition de Le Nostre, fait creuser l'étang de Chalais et celui de Trivaux, le bassin de l'Ovale et celui du Grand Carré. Tout à côté du château, il fait édifier la promenade des Berceaux, petite construction de treillage.


En 1656, Abel Servien obtient du roi l'autorisation exceptionnelle de clore son domaine d'un mur "encore que les héritages acquis soient dans le voisinage des plaisirs de sa Majesté".
 

Servien aime Meudon, il y vient aussi souvent qu'il le peut. Il emprunte la voie fluviale et, dans le somptueux bâteau qu'il a fait construire spécialement en Hollande, travaille en chemin, bercé par le léger clapotis de la Seine.
 

"Pour perdre moins de temps lorsque j'irai sur la terre de Meudon  pour y prendre l'air, je désire faire venir un bateau de Hollande, de ceux dont on se sert dans le pays pour faire voyage sur les canaux. Je souhaite qu'il y ayt deux chambres où l'on puisse estre commodément et y marcher debout afin qu'en travaillant dans l'une, mes amis qui viendraient avec moy, puissent jouir et se divertir dans l'autre..." Lettre d'Abel Servien à M. Chanut, 1654.


Abel Servien meurt à Meudon le 17 février 1659, ayant englouti une part importante de sa fortune dans ce domaine qu'il lègue à son fils, Louis François Servien, "un homme parfaitement bien fait, avec de l'esprit et de bonne compagnie, mais débauché à l'extrême".
 

Louis-François Servien conserve le fief de Meudon jusqu'en 1679 sans en modifier l'aspect, puisque n'ayant pas les moyens financiers d'entreprendre des travaux d'importance.

 

 

  abel servien avec louis xiv
Louis XIV, au lendemain de son sacre, reçoit le serment de son frère Monsieur, duc d'Anjou, comme chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit à Reims, le 8 juin 1654
Par Philippe de Champaigne (1602-1674) Tableau exécuté en 1665.
Inscription : S.D.B.M.  sur le cartel : Cérémonie faicte à Rheims en 1654 et représentée/en 1665 par P. de Champaigne
Grenoble, musée de Grenoble Inventaire MG 59
Mesures : H. 290, L. 400


Le tableau a été peint en 1665, 11 ans après la scène. Cela explique que le Roi  et Monsieur paraissent bien plus âgés : en 1654, le Roi n'avait que 16 ans. Abel Servien est à la droite du Roi, le deuxième en partant de la gauche. Le peintre s'est manifestement inspiré du portrait d'Abel Servien, que l'on retrouve dans la miniature du Louvre.


 

Le duc de Saint-Simon écrit que Servien "avait dépensé d'énormes sommes d'argent dans cette entreprises, particulièrement pour raser le village qui était, dans sa majeure partie, situé là où sont maintenant l'avant-cour et la terrasse, et dont le niveau était aussi bas que celui que nous voyons encore  au pied de la terrasse ; il entreprit le projet dans le calme et le mena à une quasi-perfection."

 


Portrait de Mme Servien, Augustine Le Roux, et de son fils
Ce tableau est conservé au Palais de Justice de Grenoble.

 

Il semble qu'il faille identifier l'enfant comme étant Louis-François Servien, l'aîné des enfants  d'Abel Servien, qui deviendra propriétaire du Château de Meudon en 1659,, à la mort de son père, et jusqu'en 1679, date à laquelle Louvois lui rachètera le domaine. Le fils d'Abel Servien semble n'avoir réalisé, à Meudon, aucun travaux d'importance.


L'inventaire d'Abel Servien, dressé en 1659 peu après sa mort, nous décrit dans les moindres détails l'aspect du château de Meudon. On apprend notamment que Servien possédait un clavecin qui était installé dans sa chambre.




 


Portrait d'Augustin Servien, l'un des fils d'Abel Servien
"Avgvstinvs de Servien Abbas"  1666.
ENSBA  Cote recueils : EST DIV 1403 333   P. 69 

Cette gravure nous montre Augustin Servien, abbé de St-Jouin,
l'un des enfants du Surintendant des Finances.

Comparez son visage à celui de son père en tête de cette page.







Portrait équestre de Louis XIV enfant. 
Peinture attribuée à Jean Nocret (1617-1672) vers 1653
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon MV2051

Une copie de ce tableau avait été réalisée pour l'appartement de Louis XIV,
au sein du Château Vieux de Meudon, du temps d'Abel Servien.







Schéma montrant l'évolution du domaine de Meudon entre 1654 et 1659.
En haut : état en 1654 à l'arrivée de Servien 
En bas : état en 1659 à la mort de Servien 
Schéma de l'auteur, 22 avril 2012, tous droits réservés. 
 

Cette comparaison permet de se rendre compte des travaux considérables réalisés par Abel Servien, qui modèle véritablement le site de Meudon au milieu du XVIIe siècle. La Grande Perspective est née. Louvois la prolongera des deux côtés, en réalisant au Nord (à droite) l'avenue du château, et au Sud, le Tapis vert (à gauche de l'image). Je n'ai pas représenté tous les détails des bassins, parterres, etc. et j'ai sans doute commis quelques coquilles, comme la présence de la pelouse sur la Grande Terrasse, bien qu'il semble que ce soit Louvois qui l'ait plantée. De même, on devrait considérer que le miroir d'eau a été créé sous Servien, car il y en a un de similaire à Vaux le Vicomte, et surtout il scinde la descende jusqu'à l'étang de Chalais. 


 

La distribution intérieure des pièces
à la mort d'Abel Servien en 1659.


J'ai procédé, pour la première fois, à la distribution des pièces du Château-Vieux de Meudon, à la mort d'Abel Servien, en février 1659. Cet exercice va permettre de progresser dans notre connaissance des intérieurs de Meudon sous le surintendant des finances de Louis XIV.


Le premier étage 


Insertion du 11 octobre 2012. 
 

Ce plan permet de dégager de nombreuses informations importantes : 
-La galerie de Meudon existe bien déjà sous Servien, puisqu'on trouve la mention de la "galerie de la chapelle".
-l'appartement situé entre le salon ovale et la galerie est celui qui est attribué de facto à la Reine Anne, donc c'est l'appartement le plus important, puisqu'il permet de relier la galerie. Cet appartement sera d'ailleurs affecté à Louis XIV à son arrivée en 1695, et sans doute déjà aussi sous Louvois.
-L'appartement dédié au jeune Louis XIV (bien qu'il n'ait jamais dormi enfant à Meudon) est celui que le roi occupera 50 ans plus tard, au premier étage du côté des parterres.
-on découvre l'existence, au Sud de l'aile Est, d'un appartement des "Muses", terme qui rappelle celui de Vaux, ou bien encore celui de l'Hôtel Lambert. Sans doute un jour trouverons-nous des informations capitales sur le décor de cet appartement.
-enfin, l'inventaire après décès, qui date de 1659, conserve néanmoins l'emplacement de l'ancien appartement du cardinal de Lorraine, situé au sein de la moitié Nord de l'aile Est, bénéficiant de la plus belle vue sur Paris. Cet appartement est précédé du "Vestibule d'Aristote", loggia ouverte sur le village, auprès de laquelle se trouve le "Cabinet d'Aristote". L'appartement du cardinal de Lorraine est composé d'une antichambre, d'une chambre, d'un cabinet, d'une "chambre blanche", ainsi que de deux garde-robes. 



 

Le rez-de-chaussée sous Servien, en 1659. 


Schéma de l'auteur, insertion du 11 octobre 2012. 

Légende de la distribution :

1. Galerie de pierre de l'aile Ouest
2. Garderobe de la marquise de Rosny (fille de Servien)
3.Chambre de la marquise de Rosny
4.Antichambre de la marquise de Rosny
5.Grand Vestibule
6.Petit Vestibule situé sous l'escalier
7.Antichambre de l'appartement d'Abel Servien
8.Chambre de Servien, où il est mort le 17 février 1659. 
9. Cabinet de Servien
10. Garderobe de Servien
11. Le "Trésor" (on y trouvera plus tard l'Entresol de Monseigneur)
12. Petit entresol au-dessus de la garde-robe de Servien
13. Cabinet du duc d'Anjou (futur Monsieur à compter de 1660)
14. Chambre du duc d'Anjou
15.Antichambre de l'appartement du duc d'Anjou
16.Vestibule de l'aile Est
17.L'appartement des bains, avec le bain lui-même
18.La "chambre des bains"
19. La chambre de Puteau, chirurgien
20. Chambre du sieur "Charbonnières" (ou inversement avec Puteau)
21. Galerie de pierre de l'aile Est 




L'Appartement d'Abel Servien,
situé au rez-de-chaussée du Château-Vieux.



Essai de restitution de l'Antichambre de l'appartement d'Abel Servien,
au sein du rez-de-chaussée du Château-Vieux de Meudon, 1659. 

Schéma de l'auteur, 25 avril 2012. Tous droits réservés. 

Nous avons inséré le mobilier garnissant ladite antichambre,
ainsi que le mentionne l'inventaire après décès de Servien.

Nous n'avons pas procédé au décor des parois, celui-ci étant inconnu. 

Vous avez déjà noté la présence d'un "billard de bois de chesne (...)
de 11 pieds de long sur 6 pieds de large (...) garny de drap vert".
Deux chaises à porteur sont également mentionnées, ainsi que plusieurs cartes. 



 

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