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LE CHATEAU DE MEUDON 



Venez découvrir le domaine embelli par les plus grandes figures de l'histoire de France : François Ier, Louis XIV, Louis XVI, Napoléon ... 

 

 
 
 
L'AILE DES MARRONNIERS

Autrement nommée LA COUR DES OFFICES
ou L'AILE DU GOUVERNEMENT

 

Restitution de la Galerie de communication, XVIIIe siècle. 
Aile des marronniers du château de Meudon.

Restitution graphique de l'auteur, 13 octobre 2012. Tous droits réservés. 


 


Essai de restitution de la façade donnant sur la terrasse des Maronniers
Etat de 1702 à 1803. Restitution virtuelle de l'auteur, été 2011. tous droits réservés.

Cette vision porte sur la partie Nord de l'aile des maronniers,
donnant du côté de la terrasse et de l'avant-cour.


Pour que les volumes ressortent bien, j'ai utilisé un éclairage qui, dans la réalité, n'était pas possible,
puisque cette façade était toujours à l'ombre, du fait de la course du Soleil.

Notez l'escalier d'accès à la terrasse des marronniers.
Un second escalier, identique, se situe tout près des communs de l'entrée.








L'aile des Marronniers (à droite)
Gravure d'après le tableau de Pierre Denis-Martin
Collection particulière

 
 
 
Cette partie du château a été créée sous Louvois, après 1679. Il s'agit d'une annexe indépendante servant de "communs", d' "Ecurie" ou encore de "Basse Cour". Puis, avec l'installation de Monseigneur,en 1695, l'annexe a vu ses logements se développer au fur et à mesure ; jusqu'à sa profonde modification en "Aile des Marronniers", par Jules Hardouin-Mansart,  à partir de 1701 et jusque fin 1702, avec la création de pièces d'apparat, que l'on nommera l'"Appartement des Marronniers", ainsi que le "Petit Appartement Frais", logement affecté à Monseigneur.

La communication entre le château vieux et l'aile des marronniers sera possible grâce à une petite galerie suspendue.

 



PREMIER ETAT :
LA COUR DES OFFICES


Plan du rez-de-chaussée de la Cour des Offices,
état après 1695 et avant 1702.

BNF Cabinet des Estampes




Plan du Galetas de la Cour des Offices,
état après 1695 et avant 1702.

BNF Cabinet des Estampes
 
Pour découvrir plus en détail l'évolution architecturale de la Cour des Offices, premier nom de l'Aile des Marronniers, on consultera mon article consacré spécialement à ce sujet :

De la Cour des Offices à l'Aile des Marronniers : l'identification d'un plan inédit concernant le château de Meudon, Franck Devedjian, Bulletin des Amis de Meudon, n° 246,
octobre 2010. p. 2-29, 37 notes et 23 illustrations.




SECOND ETAT
L'AILE DES MARRONNIERS 
BOULEVERSEE PAR HARDOUIN-MANSART
ETAT APRES 1702, CREATION 
DE L'APPARTEMENT DES MARRONNIERS




Détail du Tableau de Pierre Denis Martin, Châteaux de Versailles et Trianon





 
 
 
L'aile des Marronniers est le grand bâtiment rectangulaire situé sur la droite de ce plan.
Elle est reliée au grand château par une galerie suspendue.




LES PROJETS 
DE HARDOUIN-MANSART



Ce projet de Jules Hardouin-Mansart prévoyait un escalier derrière les pièces d'apparat.
Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon

Il n'a pas été retenu par Monseigneur, qui a préféré un couloir moins imposant et qui se raccorde directement au grand Cabinet Ovale. A l'emplacement de ce projet d'escalier se trouvera situé le petit appartement Frais.
 


Projet de Jules Hardouin-Mansart pour l'Aile des Marronniers, vers 1701
BNF Cabinet des Estampes
 
Ce projet doit être attribué à Jules Hardouin-Mansart et concerne l'aménagement de l'Aile des Marronniers. Il contient quelques variantes par rapport au plan final, notamment quant à l'organisation du Petit Appartement Frais. En outre, le perron donnant sur la terrasse des Marronniers n'a pas encore pris sa forme définitive. 

 

 
 



Façade de l'Aile des Marronniers du côté de la Terrasse.
Essai de restitution par Paul Lebret.
Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon







Essai de correction de la façade de l'aile des Marronniers
Réalisation de l'auteur, 25 janvier 2011.
 


Il nous semble qu'il faut reprendre le dessin de Paul Lebret au sujet des fenêtres du Cabinet du Buffet, situé contre la terrasse haute.  Il n'y a aucune raison pour que les fenêtres de cette pièce aient été ovales. De plus, il faut rajouter deux petites fenêtres éclairant l'étage situé au-dessus de cette pièce.









 
Façade de l'Aile des Marronniers vue dans sa longueur.
Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon


Les fenêtres du premier étage éclairent la galerie de communication.

En bas, l'arche que l'on distingue constitue le pont au milieu des douves.

 




Le dauphin, séduit par la beauté du Quinquonce des Marronniers et par la vue merveilleuse de cette avant-cour d'où l'on découvre toute la plaine de Paris, décide de créer dans la nouvelle dépendance du château de grandes pièces de réception et de s'y aménager pour lui-même un logement, le quatrième dont il disposera à Meudon.



 

Plan de l'aile des Marronniers :

Sur la gauche, le plan du bel étage, et sur la droite, celui du rez-de-chaussée.
 
 
 

 
Un plan, où les bâtiments de l'ancienne cour des offices sont teintés de noir et les parties projetées indiquées en rouge nous initie aux travaux qui doivent être exécutés par les maçons Pierre Le Maistre et Jacques Varignon sous la direction de Jules Hardouin-Mansart.

Le saillant de l'ancienne terrasse haute ne subira aucune modification extérieure : les murs garderont leur fruit et les grandes gaines moulurées qui contrebutaient la poussée des terres ; entre ces contreforts seront percées les baies et les portes-fenêtres. La cour intérieure sera complètement modifiée : sur elle s'ouvriront trois étages de petites pièces établies dans les bâtiments.

Partant du Salon des Albanes ou Salon Octogone, la dernière pièce de l'aile occidentale, une galerie suspendue reliera le premier étage du château à l'Aile des Marronniers. Les trois arceaux de ce passage couvert seront symétriques aux trois arches du Petit Pont qui joint le salon dit du Petit Pont à la terrasse haute. Ce passage devra aboutir aux salons de l'annexe ; mais ces salons nouveaux ouvrant sur le Quinquonce des Marronniers se trouveront au rez-de-chaussée : il sera donc nécessaire d'établir dans la construction neuve un escalier et un assez long passage à la suite du pont. (...)

Sur trois faces de l'ancienne Cour des Offices, les petits appartements occupent une simple épaisseur de bâtiment ; mais au Sud s'élèvent deux corps de logis parallèles séparés par un étroit passage à ciel ouvert.

La porte qui donne accès dans l'Aile des Marronniers, située vis-à-vis des fossés, est cintrée, tout unie, plus en rapport avec les anciens offices qu'avec les logements et les luxueuses pièces de réception auxquels elle sert d'entrée.

Ces pièces de réception s'étendent sur la largeur de la Terrasse des Marronniers ; elle s'ouvrent par des portes vitrées, de plain-pied avec un perron de quatre marches. Ces pièces, extrêmement élevées, occupent la hauteur de l'annexe, qui est celle de la terrasse : Mansart, en effet, a eu grand soins de n'interrompre par aucune toiture saillante la vue du parc sur l'avant-cour et sur la plaine de Paris.
    

 
L'APPARTEMENT DES MARRONNIERS



Plan des pièces de l'appartement des Marronniers et du petit appartement frais
Archives Départementales des Yvelines (ADY 2Q 34).

 
 
Ces 5 pièces sont décorées avec splendeur. Leurs marbres, ouvragés par Lisqui et Tarlet, sont payés 2.600 livres ; leurs corniches en plâtre, sculptées par Lespingola, Hardy et Le Moine, 3.800 livres ; les bronzes dorés appliqués sur les cheminées et les trumeaux, fondus par Guillaume Sautray, 11.383 livres ; leurs boiseries, ornementées par Taupin, Bellan, Delalande, Legoupil et Dugoulon, 12.962 livres. Les lambris et les staffs des trois salons sont dorés par Desauziers, ceux des autres salles sont peints en faux cipolin rechampi de blanc. 




LE GRAND CABINET OVALE  
de l'appartement des Marronniers 

Dit aussi le "Salon doré" 



Plan du Grand Cabinet Ovale (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
4 toises de largeur sur 5 toises de longueur


 
Cette pièce constitue le Grand Cabinet Ovale, qui donne accès à l'escalier et à la galerie de communication; une fenêtre, percée sur l'avant-cour, l'éclaire ; des glaces, posées dans des chambranles de marbre et cernées de moulures en bronze doré, le décorent. Sur la porte qui mène au cabinet d'angle est un tableau de Bon Boulogne autrefois commandé pour Trianon, où il devait faire partie de la série des bacchanales :

"Le triomphe de Bacchus, ce Dieu est sur un char trainé par des panthères, au devant duquel sont des bacantes qui dansent et qui jouent de différents instrumens, Derrière le char paroit Silène monté sur un âne, il est accompagné de Silvains et d'un Sacrificateur ; sur la droitte un autel de sacrifice près duquel est un bélier ; derrière l'autel une colonne cannelée entourée d'une guirlande de fleurs".


Antoine Schnapper indique le tableau comme disparu
(Tableaux pour le Trianon de marbre I. 30, réédition 2010).






 

Dessin préparatoire pour le Triomphe de Bacchus, de Bon Boullogne.
Tableau disparu, placé à Meudon tout au long du XVIIIe siècle, 
dans le Grand Cabinet Ovale de l'aile des marronniers. 
Identification inédite de Franck Devedjian, le 26 juin 2015.


Consultez la notice que j'ai établie sur ce dessin inédit : 
http://chateau-meudon.wifeo.com/documents/le-triomphe-de-bacchus.pdf







Restitution du volume du Grand Cabinet Ovale de Meudon. 
Restitution graphique de l'auteur, 14 octobre 2012. Tous droits réservés. 

La pièce, qui rappelle, en plus petite taille, le salon des Maures du Château-Vieux,
disposait d'une hauteur sous plafond importante, où fut aménagée une coupole peinte en blanc, sans doute embellie par quelques motifs de Claude III Audran. 

Nous avons inséré les miroirs avec leur format original, d'après leurs mesures précises.







Cabinet Ovale du château de Charlottenburg (Allemagne)
http://www.all-free-photos.com/show/showphoto.php?idph=PI88863

Le cabinet ovale de Charlottenburg permet d'évoquer celui de Meudon.




 

LE GRAND CABINET D'ANGLE
de l'appartement des Marronniers




Plan du Grand Cabinet d'Angle (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
4 toises de largeur sur 4,7 toises de longueur
Soit une superficie d'environ
75m².




Les dessus-de-porte
 
Cette pièce est un grand cabinet d'angle, éclairé par une porte vitrée donnant sur le quinquonce et par deux fenêtres cintrées ouvrant sur l'avant-cour. Cette salle est décorée d'une cheminée avec trumeau tous deux garnis d'appliques en bronze doré, comme les pièces suivantes. Deux portes de communication et une fausse porte sont surmontées de peintures de Nicolas Loir (1624-1679) :

1°) "Cléopâtre qui dans un festin donne à Marcantoine son amant une perle broyée dans un breuvage, avec trois autres figures ; le tout sur un fond de Paysage et d'Architecture" ;

Le titre est désormais : Pithès et Pithopolis

 
pithès et pithopolis
Pithopolis faisant servir des mets en or au roi Pithès,
Anciennement "Cléopâtre qui, dans un festin...." par Nicolas Loir

Conservé à Bourg-en-Bresse, musée de Brou, inv 872-3
n° P40 du DEA sur Nicolas Loir, 1998, par Marcel-Jean Massat





Esquisse de Pithopolis faisant servir des mets en or au roi Pithès,
Anciennement "Cléopâtre qui, dans un festin...." par Nicolas Loir

Conservé à Paris, Collection Particulière (Collection de Georges de Lastic)
n° P41 du DEA sur Nicolas Loir, 1998, par Marcel-Jean Massat


Une reproduction en couleur de cette oeuvre est publiée dans :

Collectif, Georges de Lastic (1927-1988), le cabinet d’un amateur, collectionneur et conservateur,
Nicolas Chaudun, 2010, 240 p.,  42 €



2°) "Un jeu d'échecs avec 4 figures, un homme (Antoine) assis vêtu d'une Robe Rouge, et une femme (Cléopâtre) assise sur la droite lisant une lettre, vetüe d'une draperie cramoisy il y a une de ces figures pres de la femme, qui semble arranger les echecs. Elle est vetüede bleu".
Marcel-Jean Massat précise que le musée du Louvre (inv 8704) a déposé le tableau, intitulé "un jeu d'échec avec quatre autres figures", au musée  Thomas Henry de Cherbourg en 1872. L'oeuvre n'aurait pas été retrouvé en 1969 ! Les mesures du tableau sont de  : H. 1,33 m x L. 1,66 m.


3°) "Cléopâtre debout parlant aux officiers de son armée. Elle est vêtue d'une draperie rouge, et elle est elevée sur une estrade à plusieurs degrés".
Marcel-Jean Massat précise que le musée du Louvre (inv 8716) a déposé le tableau, intitulé "Une reine ordonnant à une troupe de soldats", au musée  Thomas Henry de Cherbourg en 1872. L'oeuvre n'aurait pas été retrouvé en 1969 ! Les mesures du tableau sont de  : H. 1,41 m x L. 1,58 m.





Essai de restitution du Grand Cabinet d'angle. 
Aile des marronniers du château de Meudon. XVIIIe siècle.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012. Tous droits réservés. 

Voici le volume de la pièce. J'ai restitué les mesures exactes des miroirs,
ainsi que l'emplacement et les mesures des toiles en dessus de porte.
A défaut de retrouver des élévations intérieures, nous n'en savons guère plus. 

 






Essai de restitution du Grand Cabinet d'angle. Vue depuis le perron extérieur.
Aile des marronniers du château de Meudon. XVIIIe siècle.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012. Tous droits réservés. 

Depuis le perron extérieur, nous entrons dans la pièce
et nous voyons la symétrie parfaite de l'ensemble.
Derrière la porte se trouve le Grand Cabinet Ovale. 

Voyez comme la composition du tableau de Nicolas Loir, dont nous savons qu'il était placé ici, 
s'adapte parfaitement avec ce jeu de symétrie. 

 




GRAND SALON 
de l'appartement des Marronniers



Plan du Grand Salon (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
4 toises de largeur sur 6,4 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 100m² !




Les dessus-de-porte

 
Cette grande pièce est éclairée par deux portes-fenêtres et une vaste cheminée occupe le fond. Sur les côtés, deux portes de communication et deux fausses portes sont surmontées des peintures de Nicolas Loir , qui ont été ajustées pour les dessus-de-porte de la taille de la pièce.

Ces tableaux proviennent du décor du Grand Appartement de la reine Marie-Thérèse au Château de Versailles. (voir la Thèse de DEA de Marcel-Jean Massat, 1998, qui recense les oeuvres du peintre et parle de l'installation de ces oeuvres à Meudon).



1°) "La Reine de saba placée sur la gauche qui donne audience a un viellard, un soldat qui le présente au-dessus d'elle dans le fonds un viellard appuyé sur le throne" ;

 
Reine donnant audience à un vieillard, par Nicolas Loir
Conservé à Perpignan, Musée Rigaud,
n° P39 du DEA sur Nicolas Loir, 1998, par Marcel-Jean Massat
Photographie du Musée de Perpignan qui m'a été transmise le 16 novembre 2010.
Je remercie à ce sujet Mme Sandrine Sert pour son efficacité.




 
2°) "lad. Reine de Saba gratieusant un officier de salomon qui est vêtu d'une draperie rouge ayant la main ttournée sur la poitrine, derrière luy un viellard qui leve la main gauche, deux soldats dans le bas du tableau sur un fond de paysage" ;
Réserve du musée du Louvre (inv 8713), en fait rebut de Compiègne selon liste de 1866 (et non "Province" comme l'indique l'inventaire Villot. Les mesures du tableau sont de  : H. 1,40 m x L. 1,60 m.



3°) "salomon donnant la main a la reine de saba pour la placer sur son Throne. Salomon est vêtu d'une draperie rouge et chaussé en brodequins bleus marchant sur un tapis aussy rouge la Reine vetüe d'une étoffe dor chamarrée et d'un manteau bleu, derrière elle un Page qui porte Sa robe vêtu d'un rouge brun";
Marcel-Jean Massat précise que le musée du Louvre (inv 8700) a déposé le tableau au musée de Villefranche-sur-Saône en 1872. Le tableau était dit également Alexandre et Roxane. Mais le tableau n'aurait pas été retrouvé en 1969 ! Les mesures du tableau sont de  : H. 1,41 m x L. 1,58 m.



4°) "la Reine de saba appuyée sur son throne de la main gauche ayant le bras droit tendu, un soldat derrière elle, et trois figures venant à elle ; sur fond de Paysage"
 


"Reine s'adressant à des soldats",
encore intitulé "la reine de Saba appuyée sur son trône"
par Nicolas Loir (1624-1679)

Tableau conservé au Musée du Louvre, n° inventaire 8715
n° P38 du DEA sur Nicolas Loir, 1998, par Marcel-Jean Massat
Mesures du tableau : H. 1,41 m x L. 1,58 m.
Ces mesures se sont ajustées à l'espace situé au dessus des portes de la pièce.
RMN PHOTO. (insertion en couleur de janvier 2013). 

Cette toile à l'histoire si importante semble en cours de restauration !
C'est une excellente initiative, et le résultat sera certainement spectaculaire.





 

"Scène mythologique", par Nicolas Loir.
il s'agit du dessin préparatoire pour le tableau ci-dessus.
Le dessin est conservé à la BNF.
Photographie de Franck Devedjian, mai 2010.
 
Ce dessin de Nicolas Loir a servi pour le dernier tableau cité, "la Reine de saba appuyée sur son throne de la main gauche ayant le bras droit tendu, un soldat derrière elle, et trois figures venant à elle ; sur fond de Paysage". En effet, on retrouve le personnage féminin ( la Reine de Saba ), la main gauche collée à son trône, et le bras droit tendu. Un soldat se trouve bien derrière elle, prêt à la protéger, ou à lui obéir. Sur le dessin, quatre figures viennent à elle.

Marcel-Jean Massat (DEA sur Nicolas Loir, 1998, Paris IV) avait déjà fait ce rapprochement.
 




Essai de restitution du Grand Salon. 
Aile des marronniers du château de Meudon. XVIIIe siècle.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012. Tous droits réservés. 

J'ai restitué le volume de la pièce, ainsi que les miroirs, et j'ai repositionné les tableaux originaux. La présence d'un "grand billard" ainsi que celle de deux grands tableaux (monumentaux) représentant une colonnade et balustrade de marbre avec fleurs, attribués à "Baptiste" (Monnoyer), sont attestées dans l'inventaire inédit de 1775 que j'ai retrouvé à l'INHA. La pièce était ornée de grands cadres dorés, ainsi que d'une corniche sculptée et dorée. Nous espérons que notre essai facilitera l'identification d'élévations restées inédites jusqu'à ce jour. 
 




Essai de restitution du Grand Salon. 
Aile des marronniers du château de Meudon. XVIIIe siècle.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012. Tous droits réservés. 

Voici une vision générale de la salle. La terrasse des marronniers est située ici à gauche. 

 


LA SALLE A MANGER
de l'appartement des Marronniers



Plan de la salle à manger de l'aile des Marronniers. (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
4 toises de largeur sur 4,8 toises de longueur
Soit une superficie d'environ
75m².
 


 
Cette pièce est éclairée par deux portes vitrées qui s'ouvrent sur le quinquonce des Marronniers. Elle est égayée par cinq paysages de Josse II de Momper, placés l'un sur la cheminée, les autres sur les portes. Remarquez que Monseigneur n'a pas commandé de nouvelles toiles pour cette pièce, comme il l'a fait pour la pièce précédente. Il réutilise des peintures déjà existantes.


1°) "un Paysage et rocher sur la gauche avec 4 mulets Chargés qui descendent sur le devant, et à droite 3 Boemienes près d'une tente d'eux cavaliers d'ont un habillé de Rouge se fait dire la bonne avanture "

Reprenez ce texte et comparez-le au tableau suivant, tout concorde parfaitement :


"Paysage traversé par une rivière"
Josse II de Momper (1564-1635)
Musée du Louvre INV 1097
Identification pour cette pièce du château de Meudon faite par l'auteur le 14 février 2011.



2°) "un Paysage et rocher avec une Chutte d'Eau sur la gauche deux petits cigognes, sur la droite 4 courriers, 1 Postillon avec un cornet" ; Voici ce tableau de Josse II Momper :
 

"Paysage montagneux"
Josse II de Momper (1564-1635)
(Les figures seraient de Sébastien Vranck)
Musée du Louvre INV 1104
Identification pour cette pièce du château de Meudon faite par l'auteur le 14 février 2011.



3°) "un Paysage, sur la droite un Rocher sur la gauche des arbres 2 coches dans le Milieu du tableau, tirés chacun par trois Chevaux attelés en arbalestre à la suite des coches est un cavalier avec un chien blanc et noir, et une croix sur le chemin" ; Voici le tableau, conservé au Louvre :
 

Paysage montagneux avec deux coches et un cavalier
Josse II de Momper (1564-1635)
Musée du Louvre INV 1096
Identification pour cette pièce du château de Meudon faite par l'auteur le 14 février 2011.



 
4°) "Un paysage, des arbres sur la droitte, sur la gauche un gros Rocher obscur aux Pieds duquel est un cavalier monté sur un cheval blanc, chargé, sur la droite 2 Mandiants, et cinq au. figures" ;
Reprenez ce texte et comparez-le au tableau suivant, tout concorde parfaitement :
 
tableau appartement marroniers
"Paysage avec figures"
Josse II de Momper
(Les figures seraient de Sébastien Vranck)
Musée du Louvre INV 1105
Dépôt au Château de Fontainebleau B 213
Installé par Monseigneur dans la salle à manger de l'appartement des Marronniers.


 

5°) "un Paysage, des arbres sur la gauche, sur la droite un Rocher dans lequel est un hermitage et une chapelle, tout auprès un hermite et un Pelerin et un au. Pelerin entrant dans l'hermitage, sur le devant 2 hermites L'un fendant du Bois et l'autre abreuvant son âne".
Reprenez ce texte et comparez-le au tableau suivant :
 
"un ermitage" Josse II de Momper
Musée du Louvre INV 1116, vu le 14 février 2011.

Le format de ce tout petit tableau n' incite pas à le voir installé au-dessus de la cheminée, comme le précise Paul Biver, qui n'a pas dû le voir ni en obtenir les mesures. Nous pensons que ce petit tableau était placé contre un mur.
 


Paul Biver attribuait ces 5 tableaux, tous conservés, à Desportes avec insistance : il s'agit d'une erreur de sa part, puisqu'il s'agit bien des tableaux de Josse II Momper.
 


L'installation de deux toiles au musée du Louvre
Photographie de l'auteur, 2011.

Il faut féliciter la conservation du musée du Louvre qui a placé ces toiles en auteur,
respectant en cela leur emplacement en dessus-de-porte au sein des maisons royales.
Il me semble que ce genre de détails n'est pas assez assimilé par les visiteurs. 






Essai de restitution de la salle à manger.
Aile des marronniers du château de Meudon. XVIIIe siècle.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012. Tous droits réservés. 

Nous sommes ici placés en entrant dans la pièce, une fois le Salon franchi. On découvre une cheminée de marbre brèche violette, ainsi que les dessus-de-porte de Josse II Momper. 





Essai de restitution de la salle à manger en 1775.
Aile des marronniers du château de Meudon. XVIIIe siècle.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012. Tous droits réservés. 

L'inventaire inédit de 1775 (INHA) décrit une toile représentant la ville de Mons assiégée par Louis XIV, tableau qui mesurait alors 2,75 m. de long sur 2,44 m. de haut. Il est ainsi décrit : un tableau "de 9 pieds de long sur 8 pieds de hauteur, peint sur toille, représentant le Siège de Mons. Sur le devant à gauche parait Louis XIV accompagné de Monseigneur et de Monsieur, et de tous les princes ; de l'autre côté on voit monsieur le duc du Maine, recevant les otages ; ce tableau est peint par Le Compte". Pour notre restitution, nous nous sommes basés sur une toile représentant Mons pris par Louis XIV, conservée à Versailles (MV 2061). (2,62 m de haut sur 3,27 m de large). 




 
LE CABINET DU BUFFET
de l'appartement des Marronniers




Plan du Cabinet du Buffet (ADY)

A droite, le tracé du Buffet de marbre
(Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon)


Les mesures de la pièce sont les suivantes :
3 toises de largeur sur 3,5 toises de longueur
Soit une superficie d'environ
42 m².


 
Cette pièce est la dernière des 5 pièces de réception de l'appartement des Marronniers. Elle est adossée au mur de la terasse. Deux fenêtres l'éclairent. Le Cabinet du Buffet doit son nom à un somptueux buffet de marbre ; deux vasques, où des masques de bronze créés par Desjardins crachent continuellement un filet d'eau, flanquent la console de ce buffet.



Buffet exécuté chez Monsieur Thevenin à Paris.
Gravure avec la mention "Mariette excudit"
Conservée à l'ENSBA, Paris.  Vu le 22 mai 2011.
 
Cette gravure comporte comme légende : "Plan, elevation et Profil d'un Buffet de Marbre et de Bronze, au milieu du quel est un tableau et aux côtez deux niches, dans lesquelles il y a des Cascades. Ce Buffet est exécuté chez Monsieur Thevenin à Paris". Jean Thévenin fut conseiller de Louis XIV, qui le fit marquis de Tanlay en 1705. La représentation de ce Buffet, où est posé sur la table centrale de la vaisselle d'apparat, nous donne un indice sur l'aspect de celui de Meudon, composé exactement de la même manière, c'est à dire avec une table centrale, encadrée de deux vasques d'où jaillit un filet d'eau dans chacune.
En outre, la taille, tant en hauteur qu'en largeur, est pratiquement identique à la pièce de Meudon, lorsqu'on superpose la gravure avec le plan de la pièce. On est ici très proche de notre buffet de marbre.


Une autre gravure de Mariette, tirée de l'Architecture Française (1727) nous montre un buffet fidèle au tracé de Meudon, mais qui lui est malheureusement postérieur de 25 ans ! Le document permet néanmoins de se rendre compte de la splendeur d'une telle installation,  et son évolution avec le temps, et de sa fréquence dans les grandes demeures françaises.

 
LE PETIT APPARTEMENT FRAIS
de l'Aile des Marronniers


OU AUTREMENT NOMME

"LE PETIT APPARTEMENT DE MONSEIGNEUR SUR L'ANCIENNE COUR DES OFFICES"
 

Plan général du Petit Appartement Frais de l'Aile des Marronniers (ADY)
A droite, l'escalier qui permet d'accéder à la grande cour.

 
Cette suite de petites pièces est d'une splendeur inimaginable. C'est un nouveau logement pour Monseigneur au Château de Meudon. Les treize dessus-de-porte de cette suite de pièces ont été payés sept cent livres à Fontenay.

Paul Biver semble inverser l'emplacement de l'antichambre avec celui du Cabinet.
 




LA PETITE ANTICHAMBRE DE MONSEIGNEUR
Du Petit appartement frais


Plan de la petite antichambre (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
  2 toises de largeur sur 2,3 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 18m².


On voit dans la "Petite Antichambre de Monseigneur" des murailles ornées de glaces aux cadres sculptés, des lambris embellis de rosaces ; toute la boiserie de cette pièce, comme celle de la chambre, est en chêne verni aux reliefs dorés.

Quatre dessus-de-porte de Fontenay représentent respectivement :

"Un vase d'or a godrons rempli de tulipes, d'anemones, de roses, de grenades et de jasmins"

"un vase d'or rempli de 4 anemones, 4 branches de Lilas, Jonquilles, 2 tulipes et autres fleurs "

"un vase d'or en cuvette rempli de tulipes, d'anemones, de chevrefeuille et autres fleurs" ;

"un vase d'or en cuvette rempli de 5 oeillets ; de roses d'indes, roses muscades grenades et Lislas".


Ces tableaux sont de forme rectangulaire, mesurant 2 pieds 3 pouces de hauteur sur 2 pieds 8 pouces de largueur.

 

Restitution du format des 4 toiles de fleurs de l'antichambre
2 pieds 3 pouces de hauteur  sur 2 pieds 8 pouces de large
(sur la base d'un pied = 12 pouces)

Ce tracé est un indice pour l'identification future des toiles,
notamment quant à leur organisation.






LA CHAMBRE A COUCHER DE MONSEIGNEUR
Du Petit appartement frais


Plan de la Chambre de Monseigneur (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
  2,3 toises de largeur sur 3,9 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 35 m².


 
La "chambre à coucher de Monseigneur à la cour des Offices" est éclairée par deux fenêtres ; on y remarque six panneaux de glace à bordure travaillée ; une glace plus grande faite de plusieurs morceaux est posée sur la cheminée ; des lambris ornés de dix-huit pilastres recouverts eux-mêmes de roses et d'ornements ; des appuis de fenêtres sculptés de larges rosaces ; des chambranles, des battants de porte, une corniche, le tout très ouvragé. toute la boiserie de cette pièce, comme celle de l'antichambre, est en chêne verni aux reliefs dorés.

Les portes sont surmontées de quatre peintures ovales à riches bordures ; les palmettes qui les prolongent laissent pendre de chaque côté des chutes de fleurs en reliefs. Ces dessus-de-porte, dues au pinceau de Fontenay, figurent :

"Un vase d'or rempli de 7 anemones, 2 tulipes Jacinthes bleues et blanches et chevrefeuilles" ; 

"un vase d'or ciselé rempli de 6 oeillets, 4 anémones, 1 tulipe et autres fleurs" ;

"un vase d'or à godrons rempli de 7 anémones, 4 tulipes, 1 Jacinthe, boutons d'or et chevrefeuille"

"Un vase d'or à godrons rempli de 4 tulipes, 7 oeillets, roses d'indes, grenades et volubilis".



Ces tableaux sont de forme légèrement ovale, mesurant 2 pieds 2 pouces de hauteur sur 2 pieds de largeur.


 
Restitution du format des 4 toiles de fleurs de la chambre de Monseigneur
2 pieds 2 pouces de hauteur sur 2 pieds de largeur
(sur la base d'un pied = 12 pouces)

Ce tracé est un indice pour l'identification future des toiles,
notamment quant à leur organisation.





 
LE CABINET DE LA CHAMBRE DES MARRONNIERS
Du Petit appartement frais

Plan du Cabinet (ADY)

Les mesures de la pièce sont les suivantes :
  2 toises de largeur sur 2,3 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 18 m².

 
 
Pour cette pièce ornée d'une corniche saillante richement sculptée, le Dauphin a commandé à Jean-Baptiste Fontenay cinq dessus-de-porte (dont deux au-dessus de fausses-portes) montrant :

"Un panier rempli de 2 tulipes de 5 anemones, pivoines, branches de Lislas, rose et cheurefeuilles" ;

"un panier en forme de vase rempli de différentes fleurs, comme amarantes, oeillets, roses muscades et autres fleurs" ;

"un panier rempli de deux tulipes, Lislas, pivoines et Jacinthes" ;

"un panier de différentes fleurs peches et raisins " ;

"un panier en urne rempli de fleurs qui tombent en guirlandes roses blanches, roses panachées, branches de tubereuses et autres fleurs".


Ces 5 tableaux sont "à oreilles, ayant de hauteur 2 pieds 2 pouces de hauteur sur 2 pieds 8 pouces de large". Entre cette pièce et le grand salon ovale a été aménagé un arrière-cabinet contenant la chaise.



 
Restitution du format des 5 toiles de fleurs du Cabinet
2 pieds 2 pouces de hauteur  sur 2 pieds 8 pouces de large
(sur la base d'un pied = 12 pouces)

Ce tracé est un indice pour l'identification future des toiles,
notamment quant à leur organisation.







Fleurs dans une corbeille (attribué à Monnoyer)
Musée de Lons-le-Saunier. Mesures de la toile : H. 45,8 cm ; L. 56 cm. 

INV. L 152 ; D.872.1.2 ; M.I. 1397 (numéro d'inventaire du musée du Louvre) (voir la Base Joconde)


Cette toile, attribuée à Monnoyer, est typiquement dans le style des toiles ornant la pièce,
dont les dessus de porte sont peints par Fontenay.
Il s'agit en effet d'un panier composé de quelques espèces de fleurs. 






Essai de restitution du Cabinet de Monseigneur, au sein de son Petit Appartement Frais,
Aile des marronniers du château de Meudon, état en 1703. 

Dessin de l'auteur, 11 septembre 2012. Tous droits réservés. 

Les gouaches de Cotelle, qui ornaient initialement le Cabinet du rez-de-chaussée du Château-Vieux,
situé au bout de l'aile Est, furent placées par Monseigneur au sein de son Cabinet de l'aile
des marronniers, à compter de l'achèvement de l'annexe, fin 1702, début 1703. 

La présence d'une cheminée de marbre vert m'est justifiée par l'inventaire inédit de 1775. 
Il en est de même avec la forme et la taille de tous les miroirs de la pièce. 
De même, j'ai inséré une taque foyère aux armes du Dauphin, qui provient du château. 
Enfin, j'ai replacé à leur échelle les gouaches de Cotelle,
et on s'aperçoit que l'ensemble s'ajuste sans aucune difficulté.
Le décor boisé à la Capucine et doré nous est également justifié par les sources. 






LA "GALERIE DE COMMUNICATION"
OU "GALERIE NEUVE"


SITUEE ENTRE L'APPARTEMENT DES MARRONNIERS ET LA PETITE GALERIE
 

Restitution de la Galerie de communication, XVIIIe siècle. 
Aile des marronniers du château de Meudon.

Restitution graphique de l'auteur, 13 octobre 2012. Tous droits réservés. 

J'ai restitué l'aspect de la galerie de communication,
avec également ses miroirs, qui en doublaient le volume.
Les grands tableaux de chasse de Desportes ont été réalisés spécialement pour la galerie.
Au fond se découvre le grand tableau représentant Monseigneur chassant. 


 





Coupe de la Galerie de communication, XVIIIe siècle. 
Aile des marronniers du château de Meudon.

Restitution graphique de l'auteur, novembre 2012. Tous droits réservés. 

Voici une coupe de la galerie de communication. On peut en déduire :
-que la hauteur du rez-de-chaussée situé sous le palier bas de la galerie avosinne seulement les 2 mètres.
-que la hauteur totale des deux degrés, composés chacun de 14 marches (lettre B), est égale à celle de la galerie (lettre A). 

 




Le réemploi des toiles
du Salon du Milieu de la Galerie

 
Le Dauphin y a fait  transporter quatre grandes toiles copiées par les Martin d'après Van der Meulen : ces toiles étaient restées sans emploi depuis la démolition de la pièce où elles figuraient précédemment, le salon ouvrant sur le milieu de la galerie du Château. Ce sont les sièges de Maestricht, de Besançon, d'Oudenarde et le Passage du Rhin.



1°) "Mastrich ; le Roy monté sur un cheval blanc, plusieurs domestiques sur le devant, et un Palfrenier qui chausse ses bottes". Musée du Louvre 2040, puis envoi au musée de Draguignan le 12 mai 1896, où le tableau devrait toujours se trouver.

Le tableau original qui était placé à Marly. (Musée du Louvre, INV 1491). H. : 2,30 m. ; L. : 3,32 m.
Meudon possédait une copie dont le format était plus haut que large.

 
2°) "La ville et la citadelle de Bezançon, le Roy a cheval prez d'un camp." En 1811, cette toile a été envoyée au musée de Caen [Paul Biver indique Rouen par erreur]. Le tableau est toujours conservé au musée de Caen (INV 176) : ses dimensions sont de 2,60 de hauteur sur 1,70 de large. Deux autres versions sont conservées à Morez et Dôle.

Détail de l'une des toiles du siège de Besançon



 
3°) "Le passage du Rhin, le Roy monté sur un Cheval Ysabelle avec plusieurs seigneurs, il est vêtu de bleu, deux valets de Pieds qui marchent devant luy sur le devant une battere de Canon". Cette peinture était installée dans le Salon de Mercure au château de Versailles, sous numéro 2132 en 1923. Elle est aujourd'hui toujours conservée au Château de Versailles, INV successifs : MV 2132, INV 6453, INV MR 2096. Les mesures de la toile sont de : 2,71 m. de Hauteur sur 1,65 m. de largeur.

Détail de l'une des toiles du Passage du Rhin de Van der Meulen.
La toile de Meudon est une copie réalisée par les Martin plus haute que large.


 
4°) "Oudenarde, le Roy est monté sur un cheval Ysabelle et a sa suitte M. de Turenne et plusieurs Cavalliers." Paul Biver dit ignorer ce que ce tableau est devenu.
Oudenarde 1667. Conquêtes des rois du XVIIème siècle
par Adam Frans Van der Meulen (1632-1690)
 Paris, musée du Louvre, collection Rothschild Dessins, INV 3263 DR
La toile de Meudon était plus haute que large.
 

 
 

Au-dessus de la porte qui mène au cabinet ovale, on a posé :

1°) un très grand tableau de Vanbeck, le bombardement de Gênes.
 

Voici la gravure de l'Almanach Royal pour l'année 1685.
Le bombardement de Gênes, intervenu en 1684, y est représenté.


 
 
2°) A l'autre extrémité de la galerie, une vue à vol d'oiseau de Maestricht copiée d'après Van der Meulen. Il ne peut que s'agir de la toile conservée au Château de Versailles, INV MV 600, ou d'une copie de cette dernière. 


Siège de Maestricht par les armées du roi Louis XIV le 29 juin 1673
Jean Paul (connu vers 1675-1683)
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon Peintures, MV 600
3,23 m sur 2,99 m de large
 




Les peintures de chasse de Desportes

 

 
Les panneaux encore libres sont garnis les uns de glaces aux encadrements de bronze doré, les autres de peintures commandées à Desportes :


1°) "un cerf poursuivi par huit chiens sortant de l'eau pour se sauver sur un fond de paysage" ; Conservé au Musée de Besançon.


 

Un cerf poursuivi par huit chiens.
peint par Desportes pour la Galerie de communication de l'aile des marronniers du château de Meudon.
Conservé au Musée de Besançon inv D. 872.1.10 (dépôt du musée du Louvre INV 3902 en 1872).
HST H. 2,65 m. x L. 2,20 m.
Bibliographie : Desportes, catalogue raisonné, Georges de Lastic et Pierre Jacky, 2010, II, p. 94,  P 397.
 
Ce tableau, bien qu'en assez mauvais état, est sublime, et la représentation du cerf fascinante.  Une restauration serait la bienvenue. Elle ne devrait pas poser de grandes difficultés, quand on compare l'état du tableau, assez bon par rapport à celui de l'Hiver de Jean Jouvenet, qui a pourtant été parfaitement restauré.

 




Détail du visage du cerf
Musée de Besançon

Ces tableaux de Desportes permettaient de rappeler les chasses quotidiennes de Monseigneur.
 
 

2°) "un sanglier chassé par huit chiens, dont il y en a un qui se lance sur luy par le milieu d'un arbre fourchue. plusieurs autres chiens qui se jette sur luy. le tout sur un fond de paysage". Anciennement au Musée du Louvre, n° 225, aujourd'hui au château de Fontainebleau.
 


Sanglier chassé par huit chiens, par Desportes (1661-1743)
Conservé au château de Fontainebleau  MR 1486 (Dépôt du Louvre Inv 3905).

Bibliographie : Desportes, catalogue raisonné, Georges de Lastic et Pierre Jacky, 2010, II, p. 98,  P 405

 
 
3°) "un loup arrêté par un chien qui le tient à l'oreille, un autre le tenant par la patte gauche de derrière et luy faisant faire la grimace, un chien blessé et a la renverse sur la droitte du tableau avec plusieurs autres chiens poursuivant le loup, dans le fond sur la hauteur a droitte, on voit Monseigneur avec plusieurs seigneurs qui viennent à la prise du loup qui se sauve dans le bois".


 

La chasse au loup
Signé Desportes et daté : 1702
Conservé au musée international de la chasse, Gien. Inv. D 67.1.3
Mesures : HST 2,63 m. L 3,45 m.

Bibliographie : Desportes, catalogue raisonné, Georges de Lastic et Pierre Jacky, 2010, II, p. 96,  P 403

On découvre Monseigneur à cheval au second plan. 
 
4°) "la mort d'un chevreuil sur la droitte un chien blanc couché qui alte un cor de chasse par terre, un autrre attaché à un arbre sur la gauche un chien roux et noir, a coté de luy un autre qui boit. Le tout sur un fond de paysage" ;
 
La mort d'un chevreuil,
intitulé malencontreusement de nos jours "Des chiens gardant un loup mort"
Musée du Louvre (INV 3929) dépôt au Château de Fontainebleau (MR 1492)
Mesures : 2.700 m x 2.000 m.

Bibliographie : Desportes, catalogue raisonné, Georges de Lastic et Pierre Jacky, 2010, II, p. 95,  P 400

Le tableau a le même format que le tableau suivant de "la mort du loup".
Les oeuvres étaient peut-être situées face à face. 





5°) "la mort du loup trois chiens couchés et trois autres debout dont un lèche le sang du loup" ;

 
desportes sombre
Des chiens gardant un loup mort
peint par Desportes (1661-1743) pour Meudon 1702.
Musée du Louvre INV 3929,  dépôt au château de Fontainebleau, MR 1492
Mesures : 2.700 m. x 2.000 m.
 
Bibliographie : Desportes, catalogue raisonné, Georges de Lastic et Pierre Jacky, 2010, II, p. 97,  P 404




 
Vue de la vision avec les miroirs de la galerie neuve.
Restitution graphique de l'auteur, 13 octobre 2012, tous droits réservés.
 
Notre restitution nous permet de visualiser les volumes de la galerie.
On y découvre les tableaux de chasse de Desportes peints en 1702
spécialement pour Monseigneur et pour cette pièce.

Remarquez comme l'échelle des chiens est identique
entre les deux tableaux placés l'un en face de l'autre.
Les oeuvres et la nature se multipliaient à l'infini. 




 


Le buffet de Fontenay

Pour compléter cette décoration, on a commandé à Fontenay un large panneau :
"représentant un buffet. ou il y a un grand vase d'or entouré de guirlandes de fleurs sous un treillage entrelassé de roses, sur la droitte dans le coin il y a un rideau detoffe d'or doublé de Cramoisy sous le vase un grand bassin cizelé et doré pres duquel y a un vase d'agathe et une cuvette doré remply de bigarrades et de figures parsemé de fleurs dans les deux coins deux grands vases d'argent, et plusieurs autres de métal différent. le tout orné et entrelassé de fleurs, il y a dans le tableau un tapis verd".


Le Buffet peint de Fontenay renvoie au Cabinet du Buffet, réel celui-ci, et réalisé en marbre, qui se trouve situé non loin, au bout de l'enfilade de l'appartement des Marronniers.

 
Un tableau conservé dans une collection particulière est pratiquement similaire à cette description.
En voici une image :

 

Buffet attribué à Desportes par Pierre Jacky (2010), conservé dans une collection particulière







Les autres tableaux de la Galerie de Communication

 
Les tableaux suivants sont mentionnés comme étant placés dans la galerie neuve d'après l'inventaire B cité par Paul Biver. Vers 1705-1706.



*Un tableau de Mignard representant Monseigneur et Madame la Dauphine avec les trois princes. Il s'agit de l'original peint par Mignard en 1687, conservé à Versailles.
 


La famille de Monseigneur
Pierre Mignard (1612-1695
), 1687.
Mesures : H. 2,32 m. ; L. 3,04 m.
propriété de l'Etat ; achat ; musée du Louvre département des Peintures
en dépôt au château de Versailles ; MV 8135 ; MR 2152 ; INV 6650
Bibliographie : CONSTANS 1980, n°3307.






*"Un tableau de Carlot Marat representant Appollon et Daphné". Il s'agit du tableau de Carlo Maratta, conservé aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.


Apollon et Daphné
peint par Carlo Maratta (1625-1713)

Conservé aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.
(Acquisition : Premier envoi du gouvernement français 1802)



*"un tableau du Guide [Guido Reni] representant Dalila qui coupe les cheveux à Samson figures de grandeur nature ayant de hauteur huit pieds sur dix pieds et demi de large rehaussé de quatorze pouces eslargy de 22 pouces". 






La Galerie de Communication et la petite galerie suspendue
Situées perpendiculairement

 
Le plan de la galerie de communication et de la galerie suspendue.
Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon



Comme le niveau entre le premier étage du chateau et celui de l'appartement des marronniers, n'est pas le même (il y a pratiquement un étage de différence !) il a fallu créer un escalier. Monseigneur  et Hardouin-Mansart n'ont pas retenu le projet d'un seul grand escalier. Au contraire,  3 petits degrés sectionnent le passage entre le Château Vieux et l'appartement des Marronniers.

Quand on se trouve dans le Salon des Albanes, on trouve déjà un premier degré. Une fois au bout de la petite galerie suspendue, on tourne à angle droit (sans marches, contrairement au dessin ci-dessus qui est erronné) et on se trouve dans la galerie de communication au bout de laquelle se trouve deux autres degrés, dont le palier intermédiaire se situe au-dessus du  porche d'entrée. Ainsi, on rejoint le niveau du  Grand Cabinet Ovale, la première pièce de l'appartement des Marronniers.





LA PETITE GALERIE SUSPENDUE

OU GALERIE DU PETIT PONT
PERMETTANT DE RELIER L'AILE DES MARRONNIERS AU CHATEAU VIEUX




Le plan des arches sous la petite galerie.
Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon



Le plan de la petite galerie.
Centre de documentation du Musée d'Art et d'Histoire de Meudon

 
A gauche, le Salon des Albanes, et à droite, la galerie de Communication, qui est située perpendiculairement à la petite galerie suspendue.

 
 
Quittant la galerie de communication, on tourne à angle droit pour passer dans la Galerie du Petit-Pont ; on monte un degré et on aboutit au château dans le Salon des Albanes. Cette Galerie du Petit-Pont, suspendue, est éclairée par six fenêtres donnant, moitié sur l'avant-cour et moitié sur la cour des la chapelle. Dans les boiseries qui la décorent sont fixés des panneaux exécutés par Fontenay (Blain de Fontenay).

Allant de l'appartement des Marronniers vers le château, on laisse :

A droite :

1°) "un vase d'or remply de fleurs sur un fonds d'architecture, sur la droite un vase de porphire, a coté une colonne entourée de fleurs " ;

2°) "un vase d'or avec bas relief de fuits raisins et pêches, sur la droitte un Eguiere d'agathe sur la gauche un Rideau rouge" ;

3°) "une cuvette d'or remplye de fleurs sur un fonds d'architecture sur la gauche deux gerbes de bled et une faucille attachées a une colonne"  ;

4°) "un Vase d'or remplie et entourée de fleurs, sur la gauche du tableau un autre vase renversé d'où il sort des fruits a coté d'un globe terrestre, le tout sur un ciel" ;


5°) "des trophées et attributs de chasse comme filets et autres ou sont attachés un canard et un faisans entrelassés de fleurs sur la droitte du tableau un rideau jaune, sur la gauche deux pilastres Le tout sur un ciel";

 

Fleurs, gibier, et trophée d'armes.
Dépôt du musée du Louvre au Mobilier National.
Cité par Claudia Salvi, 1998, fig. 21. Mesures inconnues.

Le tout est posé sur une rambarde de marbre.

  Claudia Salvi a très justement identifié ce tableau, et indique qu'il était accroché "dans la galerie de communication de Meudon en 1733".
Ce tableau est bien de Fontenay, c'est évident quant à son style.

Précisons que cette peinture était installée exactement dans la petite galerie suspendue, qui communique avec la galerie dite de communication.
 
 
 
6°) "un vase d'or posée sur une balustrade remplie de fleurs sur la droite une boule de marbre sur son piedestal tout pres un rideau jeaune, sur la gauche un vase de porphire".




 
A gauche :

1°) "un vase d'or couronné et entouré de fruits posé sur un bas d'architecture, tout pres un rideau rouge avec franges d'or, sur la droite un bouquet de tricolores. Le tout sur un ciel";


2°) "des fruits des indes, sur le devant des branches de corail, sur la gauches deux arbres ou sont attaché des attributs de chasse du pays couronne d'une hache. le tout sur un ciel" ;


 
"Fruits et fleurs d'Afrique"
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon Peintures MV 7215
par Jean-Baptiste Blain de Fontenay (1653-1715), dit "Fontenay"
Mesures : 1.300 m. sur 2.020 m.





Essai de restitution de l'aspect initial du tableau peint pour Meudon
Restitution de l'auteur, 23 février 2011.

 



 
3°) "une corbeille remplie de fleurs et de fruits des indes aupied de laquelle est un carquois et un arc sur la gauche du tableau, un arbre, le tout sur un ciel" ;
 

"Fruits et fleurs d'Amérique"
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon  MV 7212
Mesures : 1.30 m.  sur 2.02 m.

On retrouve la rambarde de marbre, dont la partie située sur la droite a été effacée.
C'est que le tableau a été agrandi et courbé pour s'ajuster à son nouvel emplacement.






Essai de restitution de l'aspect initial du tableau peint pour Meudon
Photo-montage de l'auteur, 23 février 2011.
 
Ce tableau (comme le précédent) n'est bien évidemment pas de Desportes. Claudia Salvi, qui a bien identifié ces oeuvres  pour Meudon, mentionne qu'ils décoraient "la galerie de communication en 1706". Mais elle rajoute que "ces tableaux étaient vraisemblablement restés en place lorsque le roi fit l'acquisition du château et avaient donc été réalisés par Blin pour Louvois" (Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, 1998, Séance du 16 mai 1998, p. 34. Ceci est erroné : ces tableaux ont bien été commandés par Monseigneur, spécialement pour orner la nouvelle petite galerie suspendue, devant relier le Château Vieux à la galerie de communication de l'aile des marronniers. Celle-ci n'existait pas encore du temps de Louvois, et les tableaux n'ont pas été remployés puisqu'ils ont fait l'objet de paiements à Fontenay, qui les a composés spécialement pour le château.

 


4°) "un vase d'or entouré de fleurs et fruits, un rideau vert avec frange d'or. sur la gauche deux dauphins qui jettent de l'eau" ;
 


5°) "un cor de chasse entouré et orné d'une guirlande de fleurs dans le milieu du tableau un médaillon de bronze representant Diane sur la gauche un fusil avec une Gibecière, sur la droitte un oiseau. le tout sur un ciel" ;
 

Nature morte avec profil de Diane.
Peint par Jean-Baptiste Blain de Fontenay
musée national des châteaux de Versailles et de Trianon MV 8096 ; B 1433
Mesures : 1,22  m. H ; 1,54 m. L
Bibliographie : voir CONSTANS 1980, n° 5449

Voici le tableau : la description concorde parfaitement.
Le profil du personnage féminin est ainsi celui de Diane, qui possède une lune au-dessus de son front.

Identification faite le 23 février 2011. 


Le tout est posé sur une rambarde de marbre, de la même manière que le tableau ci-dessus.
Cela constitue un indice, qui va permettre de retrouver l'ensemble des autres tableaux, qui devaient être organisés de même.


 
6°) "un vase d'or Entouré de guirlandes de fleurs sur la gauche une cassolette d'ou il sort de la fumée sur la droitte un tapis cramoisy garny de franges d'or".

Les versements faits à l'auteur de ces peintures indiquent que cette décoration a été plus importante qu'on ne l'avait prévu dans le premier devis.
C'est que tous ces tableaux ont été peints spécialement par Fontenay pour Meudon.


 
 
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