LE PREMIER ETAGE
DU CHATEAU VIEUX DE MEUDON

Essai de restitution 3D du Salon des Maures du Château-Vieux de Meudon, XVIIe.
Réalisation virtuelle de l'auteur, 17 avril 2012. Tous droits réservés.
Comme dans tout château français traditionnel,
le premier étage contient les pièces principales.
PLAN DU PREMIER ETAGE DU CHATEAU VIEUX DE MEUDON
AVEC LA DESIGNATION DES PIECES SOUS MONSEIGNEUR
ETAT VERS 1700
On peut dater ce plan vers 1700, puisque Hardouin-Mansart a modifié l'avant-corps de l'aile Est donnant sur Paris (1699) mais n'a pas encore édifié la grande chapelle attenante à l'aile Ouest (1702).
Plan du Bel étage du Château de Roissy
Par Tessin / cité par Ragnar Josephson, 1930.
Le plan du Château Vieux de Meudon a inspiré de manière flagrante
notamment celui du château de Roissy dont nous voyons ici la partie centrale.
LE GRAND ESCALIER
DU PAVILLON CENTRAL

Plan du Grand Escalier du Château Vieux de Meudon
Conservé à la BNF, Cabinet des Estampes. Photographie de l'auteur, mai 2010.
Les deux degrés de ce magnifique escalier se rejoignent au deuxième palier, et un degré unique conduit à une entrée monumentale flanquée de deux colonnes en marbre de Sicile. Cette porte donne accès au Salon du Château. Ce grand escalier est éclairé par les 5 baies du pavillon central donnant sur la cour d'entrée. Son appareillage de pierre en faisait le charme, ainsi que sa hauteur très imposante.

Coupe du Pavillon central, par Paul Lebret
Centre de documentation du Musée d'Art et d'histoire de Meudon
Dessin original au musée de Sceaux.
Sur cette coupe de Lebret, qui comporte de nombreuses fantaisies, on découvre l'organisation du Grand Escalier de Meudon. Deux rampes commençant de chaque côté du grand Vestibule permettent d'accéder à un perron commun situé dans l'axe central. Quelques marches encore terminent l'escalier et permettent d'accéder au niveau du Salon des Maures. A noter que le plafond de ce Salon était bien plus élevé, plus arrondi ainsi que celui de Vaux.

Coupe du Grand Escalier du Château-Vieux de Meudon, achevé en 1658.
Schéma de l'auteur, 29 avril 2012, tous droits réservés.
Voici l'essai de restitution de l'escalier de Meudon.
Cette coupe vous permet de vous rendre compte de la monumentalité de cette réalisation,
chef-d'oeuvre méconnu de l'architecte Louis Le Vau.
Outre la performance technique - voyez le vide sous l'escalier -
on est frappé de la porte intérieure monumentale, flanquée de deux colonnes.
Il me semble qu'on peut, sans être présomptueux, rapprocher le Grand Escalier de Meudon
de celui du Grand Théâtre de Bordeaux, lequel a lui-même influencé celui du Palais Garnier.
C'est que les rampes de Meudon sont inversées par rapport à celles de Bordeaux.
Mais le principe est déjà ici présent.
On comprend surtout qu'Abel Servien ne s'est rien refusé !
LE SALON DES MAURES
PIECE CENTRALE DU CHATEAU VIEUX

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
La description générale
Le Salon des Maures, ou salon ovale, constitue la pièce principale située au centre du Château-Vieux, au premier étage. C'est la pièce la plus importante avec la Galerie et la Chapelle. On peut se faire une bonne idée de ses proportions en la comparant avec le grand salon du Château de Vaux-le-Vicomte édifié concomittament.
Les mesures de la pièce sont d'environ 15 m sur 10 m. La hauteur sous plafond, du sol jusqu'au centre de la voûte, a pu atteindre environ 13 mètres, pratiquement la hauteur du grand salon du château de Marly.
On y trouvait 12 bustes de Maures et Mauresques, des peintures de fleurs installées du côté faisant face aux fenêtres, en hauteur, et, encerclant l'ensemble de la pièce, 12 grisailles. Des miroirs installés à hauteur d'homme complétaient la décoration de cette pièce plus qu'atypique.

Comparaison des plans des Salons de Meudon et de Vaux
Le tracé du Salon de Vaux est plus régulier que celui de Meudon, puisque les 16 pilastres sont placés chacun à égale distance ; tandis qu'à Meudon, on trouvait de chaque côté du Salon des doubles pilastres, tandis qu'au centre se trouvaient quatre pilastres individuels.

Comparaison du Vestibule et du Salon Ovale à Vaux et à Meudon :
A gauche, pour Meudon, l'un situé sous l'autre ;
A droite, pour Vaux : les deux pièces sont accolées.
Les 12 termes de Maures et Mauresques
Le salon des Maures contenait des bustes de Maures et des Mauresques. La pièce, initialement nommée Salon ou Salon Ovale devient ainsi le Salon des Maures. 5 de ces termes sont conservés au château de Compiègne, dans le Grand Vestibule. Stéphane Castelluccio les cite dans son livre sur Les collections royales d'objets d'Art (éditions de l'Amateur, 2002). (Merci à David Brouzet, collaborateur de conservation du musée du Louvre, qui m'a indiqué cette référence le 2 novembre 2010).
UN MAURE

L'un des 12 termes de Maures et Mauresques
placés dans le Salon Ovale de Meudon, au moins dès Louvois
Intitulé par erreur "Hermès masculin"
Château de Compiègne, Grand Vestibule, INV C121, MR 2493
UNE MAURESQUE

L'un des 12 termes de Maures et Mauresques
placés dans le Salon Ovale de Meudon, au moins dès Louvois
Intitulé par erreur "Hermès féminin"
Château de Compiègne, Grand Vestibule, INV MR 2495

Détail d'une Mauresque
Conservé au Musée de Compiègne
Cette statue est très proche de la précédente.

Détail d'un Maure
Conservé au Musée de Compiègne

Détail d'un Maure
Conservé au Musée de Compiègne

Détail d'un Maure
Conservé au Musée de Compiègne
Cette sculpture de Maure n'est pas similaire aux autres.
2 autres bustes de Maures sont conservés à Compiègne, dont je ne possède pas de photographies.
A ce jour, on se sait ce que sont devenus 4 Maures et Mauresques sur les 12 réalisées.
Les 12 grisailles de Damoiselet
Voici la description des grisailles (inventaire de 1733) :
"Dans le meme Salon il y a douze tableaux peint en grisaille représentant les douze mois de l'année par des jeux d'enfants, ils sont de damoiselet, et ne peuvent senlever de la place etant tous maroufles. ayant de hauteur deux pieds. de large 6 pieds 5 pouces."
Ces grisailles, dont nous n'avons pas retrouvé trace, ont probablement été détruits lors de la destruction du Château Vieux, puisque leur réalisation était dépendante des murs sur lesquels ils étaient peints.
Damoiselet a également réalisé les tableaux d'enfants du pavillon royal du Château de Marly.

Voici le format des grisailles de Damoiselet pour le Salon des Maures
2 pieds sur 6 pieds 5 pouces.
Les 7 tableaux de fleurs placés en hauteur
Voici la description des 7 tableaux de fleurs de Baptiste (Monnoyer) (inventaire de 1733) :
1."un vase d'or remplys de toute sorte de fleurs, posé sur un tapis bleu brodé d'or le fond du tableau est un ciel."
2."un vase d'or, ou plutôt manière d'agathe dont les anses sont d'or, remply de toutes sortes de fleurs un tapis derriere brodé d'or avec deux perroquets un Bleu, et l'autre jaune."
3."un vase à goderon d'argent garny d'ornement d'or remply de toutes sortes de fleurs un tapis derrière brodé d'or avec un perroquet rouge et vert". On peut rapprocher la description de ce tableau de Monnoyer conservé au musée des Beaux-Arts de Lille, sans que, malheureusement, la description puisse clairement être concordante. Cela nous donne au moins le style de ces oeuvres :

Vase d'or avec des fleurs et des perroquets
Monnoyer Jean-Baptiste (1634-1699) (attribué à)
Lille, Palais des Beaux-Arts Inv. P.344
H. 1.190 m. x L. 1.310 m.
4."un vase en forme de cuvette d'argent remply de toutes sortes de fleurs posé sur un tapis rouge brodé d'or avec un paon posé sur la cuvette".
5."un vase d'or garny de toute sorte de fleurs dont un pavot tombe avec une de ses feuilles sur le piedestal sur lequel le vase est posé".
6.un vase d'or posé sur une manière de piedestal remply de toutes sortes de fleurs avec un paon derrière le vase".
7."un vase d'or et argent posé sur un tapis bleu et or dont la doublure est cramoisy avec un singe qui tient une pesche".
Chacun mesurant 5 pieds 3 pouces de haut sur 5 pieds 8 pouces de long.
L'essai de restitution

Essai de restitution 3D du Salon des Maures du Château-Vieux de Meudon, XVIIe.
Réalisation virtuelle de l'auteur, 17 avril 2012. Tous droits réservés.
Voici la vision dont pouvait bénéficier Louis XIV quand il sortait de son Appartement.
Certaines peintures de fleurs représentaient des perroquets. Aucune n'a encore pu être attribuée avec certitude. Les 12 grisailles rectangulaires n'ont également pas encore été identifiées : elles ont du être détruites en même temps que le château, et elles représentaient des enfants, chacun des panneaux symbolisant les 12 mois de l'année, sans doute avec les attributs des signes du zodiaque. Ainsi, cette idée de cycle était bien présente à Meudon, comme on la retrouve également dans les sculptures zodiaquales du salon de Vaux.
Comparaison du Salon de Vaux avec celui de Meudon.
Voyez la similitude évidente des deux pièces, édifiées en même temps sous les ordre de l'architecte Louis Le Vau, vers 1655-1660. A Vaux l'ordre corinthien a été retenu, tandis que l'ordre ionique orne le salon de Meudon. Le Salon de Vaux est conçu sur un plan plus régulier que celui de Meudon, où se trouve des doubles pilastres.
EN DIRECTION DE L'AILE OUEST :

Plan des pièces dites des "Jeux",
servant également d'appartement à Madame
Réalisation de l'auteur, 24 novembre 2010.
ANTICHAMBRE
"DE MADAME"

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
La pièce a une superficie d'environ 70 m².
Etat sous Monseigneur :
En 1695, cette pièce a servi temporairement d'Antichambre du Roi. En effet, c'est dans cette suite de pièces situées entre le Salon des Maures et le Salon du Petit Pont que logea Louis XIV quand il vint à Meudon les premiers temps. Par la suite, il préfèrera loger de l'autre côté du Salon des Maures.
A partir de 1696, la pièce a pu servir à l'appartement de Monsieur, ou plus vraisemblablement comme antichambre de Madame, belle-soeur du roi.
Le tableau de "Sainte Anne, La Vierge et l'Enfant" de Léonard de Vinci y est installé.

La Vierge, l'enfant Jésus, et Sainte Anne, par Léonard de Vinci
Le tableau est bien sûr conservé au Musée du Louvre
CHAMBRE
"DE MADAME"

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
La pièce a une superficie d'environ 70 m².

Coupe partielle de la "chambre de Madame"
Bibliothèque Municipale de Rouen, Photographie de l'auteur, 2010.
Ce dessin nous montre une partie de la corniche de la pièce.
De plus, il nous donne un précieux renseignement quant à l'aménagement du haut des fenêtres,
rectangulaires à l'extérieur, et cintrées à l'intérieur.
La plupart des fenêtres du Château Vieux devait s'organiser de cette manière.
Etat sous Monseigneur :
En 1695, cette pièce a servi temporairement de Chambre du Roi. Par la suite, Louis XIV préfèrera loger dans l'appartement situé de l'autre côté du Salon des Maures.
A partir de 1696, la pièce doit servir de chambre de Madame.
Le tableau du "Couronnement de la Vierge" du Dominiquin y est installé. De nos jours, cette oeuvre, qui est désormais titrée "Sant'Agnese", est placée à Hampton Court Palace, et appartient aux collections de Sa Majesté la Reine Elisabeth II, que je remercie. Stylistiquement, ce tableau est le pendant du tableau bien plus célèbre en France, le fameux David du Dominiquin, dont une copie sera placée dans la salle des gardes du Château Neuf.

Sant'Agnese, par Le Dominiquin, vers 1620.
Anciennement intitulée le Couronnement de la Vierge.
Conservé à Hampton Court Palace, Distric de Richmond upon Thames.
Collections de la Reine d'Angleterre.
Bibliographie : DOMENICHINO (1581-1641) Electa, 1996, p. 438.
PETITE PIECE DE PASSAGE

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
Etat sous Monseigneur :
En 1695, cette pièce a probablement dû servir de Cabinet pour le Roi pour ses premiers séjours. Par la suite, Louis XIV préfèrera loger dans l'appartement situé de l'autre côté du Salon des Maures.
La petite pièce située derrière le passage a pu alors servir de garde-robe à Madame.
LE SALON DU PETIT PONT

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
Les mesures de la pièce sont les suivantes :
3,7 toises de largeur sur 3,8 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 55 m².
Cette pièce se nomme le salon du Petit Pont, puisque, d'une porte-fenêtre, l'on peut accéder, par un petit pont, aux jardins hauts. Elle précède la galerie. Y fut notamment installée une seule sculpture, mais du plus grand prix : une tête d'Alexandre en porphyre rouge montée sur une draperie de bronze, dit l'Alexandre Mazarin.
Un tableau de fleurs orne le dessus de porte qui mène au Salon des Maures.
Cette pièce et l'appartement de Madame précédent a servi de pièces des "Jeux", quand les courtisans jouaient pour les soirées d' "appartement". C'est qu'il s'agit là des pièces d'apparat et de réception du château.

Le Buste d'Alexandre (certains y voient Minerve).
Conservé au Musée du Louvre
Cette sculpture n'est plus considérée comme un antique, mais comme une oeuvre moderne, probablement faite à Rome au début du XVII°, comme l'Alexandre Richelieu.
Au sujet de cette sculpture, vous pouvez consultez le livre "PORPHYRE", RMN,
édité suite à l'exposition organisée au Louvre, en novembre 2003, n° 34 du catalogue, p 121 et 122

Le Salon du Petit Pont sur le devant et la Galerie
Réalisation de l'auteur, 24 novembre 2010.
L A G A L E R I E
DU CHATEAU VIEUX DE MEUDON

Essai de restitution de l'aspect de la galerie du Château Vieux de Meudon.
Hervé Grégoire (modélisation informatique) et l'auteur (conseils scientifiques)
Février 2011. Tous droits réservés.
C'est la pièce la plus grande de tout le château. Elle a une superficie de 300 m².
1°) Les plans et coupes

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
Tout château français se doit d'avoir une galerie et Meudon ne déroge pas à la règle.
(Pour en savoir plus sur la fonction de la galerie, voir l'article de Jean Guillaume :
"La galerie dans le château français : place et fonction" sur le site Persée)
La richesse de cette pièce et les collections qu'elle renferme semblent à peine concevables.
(Nous écrivions ces lignes avant d'avoir procédé à la restitution virtuelle !)
De chaque côté, d'un bout à l'autre, une ouverture permettait le passage.
Neuf grandes fenêtres éclairaient la galerie, sans compter la porte donnant accès à la tribune de la chapelle.
Sur ces neuf fenêtres, les cinq à l'Est permettaient d'accéder à la terrasse située au-dessus de la galerie de pierre. De-là, on voyait toute la cour d'entrée du Château, ainsi qu'une partie de la vue sur Paris vers le Nord.
Quatre niches étaient placées de part et d'autre de la galerie, deux à l'entrée du côté du salon du petit pont, et deux autres juste avant d'entrer dans le salon octogonal.

Vue en coupe de la galerie.
La voûte de la galerie est parfaitement tracée, ainsi que la corniche.
N'oubliez-pas que ce dessin n'est qu'un projet,
et que le tracé de la toiture au-dessus de la voûte n'est pas celui de la réalité.
2°) Les peintures de la Galerie :
Les copies des tableaux de Van der Meulen
La galerie est ornée de 12 toiles exécutées, certaines par Van der Meulen d'autres par son atelier, dont les Martin. Leur sujet porte sur les campagnes militaires de Louis XIV. Les tableaux originaux ornent le pavillon royal du château de Marly.
Voyez l'article consacré aux peintures de Van der Meulen sur la page des "Peintures"
Les 12 tableaux étaient de trois sortes de tailles différentes.
La prise d'Ypres.
La prise de Courtray & la prise de Charleroy

La prise de Condé,
Cité par Isabelle Rochefort, 2007.

La prise de Fribourg

La prise de "Lau" [Leau]

La prise de Luxembourg

La prise de Tournay

La prise de Valenciennes

La prise de Cambray
3°) Le mobilier de la Galerie :
Etat sous Monseigneur :
Le Dauphin fait placer dans la Galerie "Deux tables de marbre d'Egypte veiné de gris avec de grandes taches blanches, les pieds sculptés dorés ayant sur la traverse un globe aux armes de feu Mademoiselle de Montpensier".
Il fait placer également "quatre grands canapés de neuf pieds de long, les bois sculptés dorés ..., couverts de damas cramoisy a grandes fleurs et couronnes chamarés de large cordon d'or et garnis de molet, Un matelas couvert d'un coté dudit damas chamarré de galons piqué de noeuds d'or et 3 soubassemens du meme damas garnis de frange molet et passement d'or" avec 24 banquettes sculptées, dorées et garnies de même.
Les Bronzes :
On y trouvait les deux bronzes de Jupiter et Junon appartenant à Monseigneur.
A d'autres moments, ceux-ci furent également installés dans le Salon des Albanes.

Conservés à la Wallace Collection.

Proposition de restitution des sculptures et piedestaux
19 janvier 2011.
Les sculptures originales qui étaient placées à Meudon sont conservées à la Wallace Collection.
Les piedestaux sont conservés à l'abbaye de Chaalis.
Sur les tables de la galerie, le prince fait disposer une série de beaux bronzes décoratifs:
Europe enlevée par Jupiter métamorphosé en taureau,
Pluton ravissant Proserpine,
Un troisième "enlèvement" sur lequel nous n'avons aucune précision,
Atlas soutenant le monde,
Le combat d'Hercule et d'Acheloüs mué en taureau,
Hercule arrêtant un cerf en pleine course,
Hercule portant le sanglier d'Erimante, (conservé au Louvre)
Nessus ravissant Déjanire,
Hercule délivrant Déjanire,
Marsyas lié à un arbre,
Un satyre,
La mort de Laocoon, (d'après la sculpture en marbre conservée au Vatican)
Un combat de lutteurs,
Diomède domptant un cheval
Et un groupe faisant pendant à ce dernier.
La plupart de ces objets d'arts ont été offerts par le roi à Monseigneur,
et sont conservés au musée du Louvre.
4°) Essai de Restitution de la Galerie de Meudon

Essai de restitution de la Galerie du Château Vieux de Meudon, située au premier étage.
Hervé Grégoire et Franck Devedjian, le 22 février 2011.
Voici le premier essai de restitution de la Galerie de Meudon, sous Monseigneur.
Nous avons bien évidemment respecté la disposition des toiles de guerre d'après Van der Meulen. Quelques tables ont été placées au centre de la galerie. Les canapés et banquettes étaient ornés d'un tissu "cramoisy", couleur qui ressort particulièrement bien, sur toutes les autres teintes.
Le sol, de marbre sous Louvois, sera parqueté sous le Dauphin.

Essai de restitution de la paroi de la Galerie du côté de la chapelle.
Hervé Grégoire et Franck Devedjian, le 22 février 2011.

Essai de restitution de la paroi de la Galerie du côté de la cour d'honneur.
Hervé Grégoire et Franck Devedjian, le 22 février 2011.
Nous avons bien conscience que la réalisation que nous présentons au public n'est pas parfaite, bien qu'elle soit la plus soignée possible. Mais cela permet néanmoins de donner une bonne idée de la pièce. La restitution a pris soin de respecter les éléments de décor mentionnés par les archives. C'est qu'à ce jour, aucun dessin n'a encore été identifié concernant le décor intérieur. Pourtant, nous pensons que notre restitution résoud bien plus de questions qu'elle n'en pose. Pour nous, elle a pour principal but de permettre l'identification de dessins encore inédits.

L'une des quatre niches de la galerie.
Hervé Grégoire et Franck Devedjian, le 22 février 2011.
Louvois avait fait installer dans les niches 4 statues canéphores. En quittant le château, Mme de Louvois les avait enlevées.

L'Almanach pour l'année 1701
BNF (image insérée le 28 mars 2011).
Cette gravure de la représentation de la déclaration de Philippe d'Anjou comme roi d'Espagne nous semble représenter la galerie du Château Vieux de Meudon, bien que de manière schématique. En effet, on a bien du mal à y reconnaître la Galerie des Glaces : les fenêtres ici ne sont point cintrées. L'architecture nous semble directement inspirée de celle de la Galerie de Meudon, notamment dans l'emploi des pilastres. Or on connait l'attachement du duc d'Anjou pour cette résidence. Dans la réalité, la scène s'est déroulée dans le cabinet de l'appartement du Roi à Versailles.
Les statues de la Galerie sous Monseigneur
Dans les niches, Monseigneur fait installer des reproductions de :
1°) "la fidélité sous la figure d'une femme ayant une tresse de cheveux nouez sur la teste, elle tient de la main gauche a demy levée un coeur qu'elle regarde et de la droite soutient une draperie dont elle est toute couverte a la réserve de la mamelle, de l'espaulle et du bras droit qui sont nuds, à côté du pied droit il y a un chien qui la regarde, cette figure est de six pieds dix pouces fait par Lefebvre en 1685".

La Fidélité, placée dans les jardins de Versailles.
2°) "Une statüe representant la Fourberie sous la figure d'une femme, la teste ceinte d'un cordon de cheveux entouré de perles ayant une draperie qui prend par derriere et luy vient couvrir le ventre et la jambe droite elle tient un masque de la main droite qu'elle pose sur son ventre et a le bras gauche baissé et apuyé sur un tronc d'arbre, et a ses pieds paroist un Renard cette figure est de six pieds et neuf pouces par le comte de Boulogne en 1684".

La Fourberie, placée dans les jardins de Versailles.
Ces statues sont du dessin de Mignard. Elles sont placées à l'entrée de la galerie, la première du côté du parc et de la chapelle, la seconde du côté de la cour.
A l'extrémité de la galerie, se trouvent installées :
3°) L'Aurore ou le point du jour, sculpture de Gaspard Marsy d'après un dessin de Le Brun. L'étoile du matin est posée sur son front. Sa main gauche levée tient une flèche. un coq chante, à demi-caché dans les longs plis harmonieux de sa robe.


L'Aurore, ou le Point du Jour, placée dans les jardins de Versailles.
A côté se trouve la gravure de cette oeuvre.
4°) La Flore de Philippe Buyster, couronnée de fleurs et tenant de la main gauche un tortil de fleurs, elle relève de la droite un pan de son manteau et s'avance avec grâce.

La Flore de Philippe de Buyster (1595-1688)
Pierre - H. 155 cm Wideville, parc du Château
Photo : Thierry Prat (1989)
(A droite, une autre Flore du même artiste, conservée à Wideville également).
La statue qui correspond le mieux à la description de l'inventaire ci-dessus est celle de gauche,
à supposer qu'il y ait eu une inversion des mots "droite" et "gauche" par le clerc.
A moins que la photographie n'ait été inversée !
Pour en savoir plus sur l'artiste, consultez l'article rédigé par Françoise de la Moureyre, le 25 octobre 2007 :
http://www.latribunedelart.com/philippe-de-buyster-1595-1688---catalogue-raisonne-par-ordre-chronologique-1ere-partie-article002029.html
LE SALON
DU MILIEU DE LA GALERIE

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
Cette pièce avait anciennement servi de chapelle. Puis Louvois ornera les murs avec des copies des toiles de Van der Meulen. La pièce sera démolie pour créer la chapelle de Monseigneur, qui fut achevée fin 1702.
(voir la page dédiée à la chapelle)
Les quatre tableaux installés contre les murs sont :
1°) "Mastrich ; le Roy monté sur un cheval blanc, plusieurs domestiques sur le devant, et un Palfrenier qui chausse ses bottes". Musée du Louvre 2040, puis envoi au musée de Draguignan le 12 mai 1896, où le tableau devrait toujours se trouver.

Le tableau original qui était placé à Marly. (Musée du Louvre, INV 1491). H. : 2,30 m. ; L. : 3,32 m.
Meudon possédait une copie dont le format était plus haut que large.
2°) "La ville et la citadelle de Bezançon, le Roy a cheval prez d'un camp." En 1811, cette toile a été envoyée au musée de Caen [Paul Biver indique Rouen par erreur]. Le tableau est toujours conservé au musée de Caen (INV 176) : ses dimensions sont de 2,60 de hauteur sur 1,70 de large, ce qui concorde parfaitement avec les mesures de la pièce. Deux autres versions sont conservées à Morez et Dôle.

Détail de l'une des toiles du siège de Besançon
3°) "Le passage du Rhin, le Roy monté sur un Cheval Ysabelle avec plusieurs seigneurs, il est vêtu de bleu, deux valets de Pieds qui marchent devant luy sur le devant une battere de Canon". Cette peinture était installée dans le Salon de Mercure au château de Versailles, sous numéro 2132 en 1923. Elle est aujourd'hui toujours conservée au Château de Versailles, INV successifs : MV 2132, INV 6453, INV MR 2096. Les mesures de la toile concordent avec la taille de la pièce : 2,71 m. de Hauteur sur 1,65 m. de largeur.

Détail de l'une des toiles du Passage du Rhin de Van der Meulen.
La toile de Meudon est une copie réalisée par les Martin plus haute que large.
4°) "Oudenarde, le Roy est monté sur un cheval Ysabelle et a sa suitte M. de Turenne et plusieurs Cavalliers." Paul Biver dit ignorer ce que ce tableau est devenu.

Oudenarde 1667. Conquêtes des rois du XVIIème siècle
par Adam Frans Van der Meulen (1632-1690)
Paris, musée du Louvre, collection Rothschild Dessins, INV 3263 DR
La toile de Meudon était plus haute que large.
Ces toiles ont les mêmes mesures que les 4 toiles situées au centre de la galerie, soit environ 2,60 m de haut sur environ entre 1,50 et 1,70 de large. Le plan indique que deux des fenêtres ont été bouchées pour pouvoir installer les 4 panneaux face à face.
LE SALON OCTOGONAL
DIT LE SALON DES ALBANES

Archives Nationales Série O1, Meudon
Photographie de l'auteur du site.
La pièce est de même dimension que le Salon du Petit Pont, soit environ 50 m².
C'est à dire que, comme à Versailles, la galerie est encadrée par deux salons de même dimension.
Ce salon est située au bout de la galerie. On le nomme aussi le Salon des Albanes, puisque la pièce était ornée de plusieurs copies des oeuvres du peintre. Avec la construction de l'aile des Marronniers, la pièce servira de passage obligé afin de rejoindre, par la petite galerie suspendue, les nouveaux appartements de Monseigneur. A cette occasion, la cheminée sera détruite, et le tableau situé au-dessus déplacé.
Les copies des tableaux d'après l'Albane
Sous Louvois, la pièce est ornée de plusieurs tableaux copiés d'après l'Albane (1578-1660).
On trouvait :
1°) "Vénus qui caresse un petit amour qui luy montre un bouclier ou il y a un coeur percé d'une fleshe".

Le repos de Vénus et de Vulcain
Francesco Albani(1578-1660).
Musée du Louvre INV 10. H. : 2,03 m. ; L. : 2,52 m.
2°) "Venus qui dort, deux amours aupres d'elle, et deux autres en l'air".

Adonis conduit près de Vénus par les Amours
Francesco Albani(1578-1660).
Musée du Louvre INV 12. H. : 2,03 m. ; L. : 2,52 m
Voici le tableau original, dont Meudon disposait d'une copie de forme ovale, plus haute que large.
3°) "une nymphe de Diane qui coupe les ailes d'un amour qui dort".

Les amours désarmés
Francesco Albani(1578-1660).
Musée du Louvre INV 11 H. : 2,02 m. ; L. : 2,50 m.
4°) "autres petits amours qui dorment".
Tous ces tableaux ovales mesuraient 2 pieds et demi de haut sur deux pieds de large.
Nous avons fait un essai de restitution des formats pour Meudon.
Cela permet de se rendre compte de l'aspect de ces copies.




Essai de restitution des formats ovales des copies de Meudon
Réalisation de l'auteur, le 23 février 2011.

Cette toile serait-elle celle de Meudon ?
A ces quatres toiles installées dans les angles,
se rajoutait la copie d'une toile située au-dessus de la cheminée :

Vénus à sa toilette, de Francesco Albani, dit l'Albane (1578-1660)
Musée du Louvre Département des Peintures INV 9.
Collection de Louis XIV (acquis en 1685)
Etat sous Monseigneur :
Le Dauphin fait placer 10 porcelaines de Siam.
Dans le Salon des Albanes, qui communique avec la galerie par une porte vitrée, Monseigneur ordonne de poser sur de "grands scabellons à 4. pans de marqueterie de cuivre et d'étain, hauts de 4 pieds 2 pouces" cinq bustes de marbre : un apollon, une Nyobide, un Alexandre Sévère, le buste de sa mère, la reine Marie-Thérèse, et le sien propre.
LE BUSTE DE MARIE-THERESE :
Les inventaires décrivent le buste de Marie-Thérèse, haut de deux pieds : "Deux boucles de cheveux pendant sur l'Epaulle droite et une tresse sur La gauche avec une draperie sur le sein soutenüe par une Ceinture de pierrerie sur un pied d'ouche de marbre blanc octogone".

Buste de la reine Marie-Thérèse, mère de Monseigneur
(pendant d'un buste de Louis XIV)
Atelier de Marc ARCIS (1652-1739)
Sculpture en marbre blanc, sur un piédouche carré. Hauteur : 49 cm.
Vente aux enchères Beaussant Lefèvre – Paris 17 décembre 2010 Lot n°204
Grâce au site internet, le 11 juin 2011, Franck Paquotte, membre très actif du Forum Connaissance de Versailles, que je remercie, m'a indiqué avoir fait le rapprochement de cette description avec l'image de ce buste de la reine. La description concorde en effet parfaitement ! Le catalogue Beaussant Lefèvre mentionne que ce buste, qui n'est qu'une simple copie, est à rapprocher du buste sculpté par Coysevox en 1683, conservé aujourd'hui au Palais d'Aranjuez (Espagne). C'est donc ce dernier buste qui constitue l'original de la sculpture placée à Meudon par le Dauphin. Ainsi, à la mort de Monseigneur, cette sculpture a intégré les collections adressées à Philippe V, au titre de ses droits dans la succession de son père.
LE BUSTE DE MONSEIGNEUR :
L'autre sculpture représente "Monseigneur ayant une cuirasse et un draperie En Escharpe par dessus avec une Cravatte de point et un ruban nouë par dessous monté sur un pied d'ouche de marbre blanc octogone. Ce buste fait pas Coixveaux [Coysevox]".
Il est également conservé à Aranjuez (Espagne), et ce n'est pas le buste conservé à Versailles, contrairement à ce que nous pensions initialement.
LA PREMIERE CHAPELLE :
UN SIMPLE PETIT ORATOIRE

Archives Nationales Série O1, Meudon
La pièce a une superficie d'environ 25 m².
Cette pièce sert initialement de Chapelle, avant l'édification de la grande chapelle de Mansart au milieu de la galerie. On y installe un tableau de Corneille sur l'Autel, la Sainte Famille.
C'est dans cette chapelle que s'est célébré le 26 mai 1643, peu de jours après la mort de Louis XIII et l'avènement de Louis XIV, le mariage "officiel" de Gaston, frère du feu roi, avec Marguerite de Lorraine, dont la famille avait possédé le château avant Abel Servien.
La Grande Mademoiselle précise dans ses mémoires, un peu de mauvaise foi :
"Nous arrivâmes tard à Meudon. Monsieur [Gaston] s'était rendu pour l'y recevoir, et il la trouva dans la cour où leur abord s fît en présence de tous ceux qui l'accompagnaient. Tous les assistants furent dans un grand étonnement de voir la froideur avec laquelle ils s'abordèrent, vu que les persécutions que Monsieur avait souffertes du Roi et du Cardinal de Richelieu au sujet de ce mariage n'avaient fait qu'assurer la constance de Monsieur pour Madame".
EN DIRECTION DE L'AILE EST :
L'APPARTEMENT DU ROI
AMENAGE POUR LOUIS XIV

Archives Nationales Série O1, Meudon
L'appartement de Louis XIV est situé au premier étage du Château Vieux.
La vue regarde, non pas sur Paris, mais sur les parterres et la grande perspective.
Le Cabinet d'Angle, ou salon du Billard, est une pièce commune avec l'appartement de Monseigneur.

Vue de l'appartement du Roi avec l'échelle humaine.
L'ANTICHAMBRE DU ROI
DIT LE CABINET DES GLACES DU ROI

Plan du Cabinet des Glaces du Roi
La pièce a une superficie d'environ 90 m².

ESSAI de restitution virtuelle du Cabinet des Glaces du Roi,
situé au premier étage du Château Vieux de Meudon (vers 1700).
Réalisation de l'auteur. Insertion du 1er janvier 2012. Tous droits réservés.
J'ai pris soin de respecter les différentes tailles des miroirs mentionnées dans les archives.
Les motifs ornementaux sont tirés d'une gravure de Mariette (voir ci-dessous),
mais nous ne connaissons pas encore d'élévations anciennes de la pièce.
C'est dire que si l'architecture générale de la pièce est respectée,
les motifs ornementaux ne sont pas ceux de Meudon,
mais permettent de nous donner une idée des motifs originaux, à ce jour inconnus.
Etat sous Monseigneur :
En 1695, cette pièce a servi d'Antichambre à l'appartement de Madame de Maintenon. Par la suite, quand le Roi préfèrera cet appartement au précédent, la marquise logera au Nord de l'aile Est.
La pièce deviendra ainsi le Cabinet du Roi. Plus tard, la pièce, aménagée avec des miroirs deviendra le Cabinet des Glaces. Attention, il ne faut pas confondre cette pièce avec l'autre cabinet des miroirs situé au même niveau, mais au bout de l'aile Est.
Le Miroitier Briot pose soixante-deux glaces, grandes en moyenne de trente-huit pouces sur trente (environ 1 mètre de haut sur 80 cm de large). Tous les murs s'en trouvent revêtus à l'imitation du cabinet aménagé en 1684 pour le Roi à Versailles, et du cabinet situé dans la tour orientale de Meudon et affecté à Mme de Maintenon. Ces miroirs sont biseautés "entourés de bandes de glaces", "aux bordures dorées et ajourées", "aux dentelles de cuivre doré". D'autres miroirs similaires ornent tout le château.
C'est certainement dans cette pièce que le Roi tenait Conseil lorsqu'il venait à Meudon.
LA CHAMBRE DU ROI
Pièce où couchait Louis XIV à Meudon

Plan de la chambre du Roi
Etat sous Monseigneur :
En 1695, cette pièce a servi de Chambre à Madame de Maintenon. Par la suite, quand le Roi choisira définitivement cet appartement, la marquise logera au Nord de l'aile Est.
La pièce deviendra ainsi la Chambre de Louis XIV. A partir de 1696, le Roi dormira toujours dans cette pièce du Château Vieux, et cela jusqu'en avril 1711. Le Roi y dormira durant 35 séjours, chacun d'environ 3 jours. Soit près de 100 nuits passées à Meudon.

La Charité
Andrea d'Agnolo di Francesco, dit ANDREA DEL SARTO
Signé et daté en bas à gauche sur le cartellino : ANDREAS. SARTUS. FLORENTINUS. ME PINXIT MDXVIII [1518].
Musée du Louvre, INV 712,
Bois transposé sur toile en 1750 H. : 1,85 m. ; L. : 1,37 m.
Actuellement placé dans la Grande Galerie du Louvre.
L'original de ce tableau a initialement été placé au-dessus de la Cheminée de la Chambre du Roi. Puis pour protéger l'original, une copie en a été réalisée.
"27 octobre- 22 décembre [1697] : au sieur Simon, peintre, sur un tableau représentant une Charité qu'il a copiée d'après André Delsalt, pour mettre sur la cheminée de la chambre du Roy, à Meudon. 200-" D'après les Comptes des Batiments du Roi, tome IV p 187.
Cette oeuvre, à l'iconographie complexe, est un reflet du milieu raffiné et littéraire qui gravitait autour du roi de France, sous François Ier. Il s'agit incontestablement d'une allégorie de la famille royale : il célèbre plus particulièrement la naissance du dauphin, assurant la succession au trône tant attendue. Le bébé au sein est une allusion à la récente maternité de Claude de France, tandis que le visage même de la charité n'est pas sans rappeler celui de la souveraine. L'enfant présentant des noisettes serait une petite fille, l'une des filles du couple royal, probablement Charlotte. La figure du premier plan symbolise "la France heureuse se reposant dans la paix".
C'est dire tout le sens que prend ce tableau, placé au sein même de la chambre du Roi : Louis XIV peut admirer à son lever ainsi qu'à son coucher l'allégorie de la transmission et de la continuité du pouvoir royal.
PETITE PIECE DE PASSAGE
La garde-robe du Roi

Vous trouvez sur la gauche le plan de la petite pièce de passage, reliant la chambre du roi au cabinet d'angle.
A droite est le plan de l'entresol qui était aménagé au-dessus de la petite garde-robe du Roi.
Celui-ci disposait d'un lit. Il est peut-être destiné au premier valet de chambre du Roi en quartier.
LE CABINET D'ANGLE
DIT LE SALON DU BILLARD

Plan de la pièce
Archives Nationales Série O1, Meudon
Les mesures de la pièce sont les suivantes :
3,7 toises de largeur sur 3,8 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 55 m².
La pièce a la même superficie que le Salon du Petit Pont, qui lui est strictement symétrique, ainsi que celle du Cabinet d'Angle situé juste en-dessous, au rez-de-chaussée. Cette pièce bénéficie d'une très belle vue. En effet, deux fenêtres donnent sur le parterre et la grande perspective, tandis que deux autres fenêtres permettent d'admirer le village et Paris. Il était possible de sortir sur la petite terrasse pour contempler toute la ville.
Etat sous Monseigneur :
La pièce devient commune à l'appartement de Monseigneur situé dans l'aile Est et à celui du Roi, situé entre cette pièce et le Salon des Maures. Un Billard y sera installé.
Vers 1698, Rivet sculpte les lambris de cette pièce. La corniche en bois est l'oeuvre commune de Goupil, de Taupin, de Bellan et de Dugoulon.
Les 4 peintures de dessus-de-porte
du salon du Billard
Monseigneur a commandé spécialement pour Meudon en 1699 / 1700 quatre dessus-de-porte de forme ovale pour cette pièce :
1°) "Hercule rendant à Admète sa femme Alceste qu'il ramène des Enfers", tableau apporté à Meudon par Antoine Coypel en personne.

Esquisse du tableau d'Hercule rendant Alceste à Admète.
Collection particulière.

Hercule ramenant Alceste des Enfers.
Antoine Coypel
Collection Musée d'Art et d'Histoire de Cholet, Cliché du Musée d'Art et d'Histoire de Cholet.
Qui m'a été transmis le 18 novembre 2010.
Le tableau original est conservé au musée d'Art et d'Histoire de Cholet, que je remercie.
Remarquez le bleu de la robe d'Alceste.
2°) "Latone et ses enfants au-milieu des paysans de Lycie", peinture commandée à Jean Jouvenet ;

Latone et les paysans de Lycie, par Jean Jouvenet
Tableau conservé au Musée d'Art et d'Histoire de Meudon
La composition ne peut que rappeler la fontaine de Latone à Versailles.
A noter que ce tableau était installé dans une pièce dépendant de l'appartement de Louis XIV.
3°) " Hercule entre la Vertu et la Volupté" par Charles de la Fosse ;

Hercule entre la Volupté et la Vertu
Par Charles de la Fosse (1636-1716)
Musée des Beaux-Arts de Nevers, H 1,20 L 1,09
Le tableau est cité par Clémentine Gustin-Gomez dans sa monographie sur le peintre.
Le tableau a été agrandi en forme rectangulaire, ce qui fait qu'il ne conserve plus sa forme ovale.
Il est pourtant aisé de la retrouver dans l'organisation de la composition.

Hercule entre la Volupté et la Vertu
Par Charles de la Fosse (1636-1716)
Essai de restitution du format original de l'oeuvre commandée pour Meudon.
Le format ovale permet de relire correctement l'organisation de la toile.
19 février 2011.
4°) "Procris donnant un javelot à Céphale" par Louis de Boullogne (1657-1733).

Céphale et Procris, par Louis de Boulogne (1654-1733)
Etude conservée au Cabinet des Dessins du Musée du Louvre

Céphale et Procris, par Louis de Boullogne le jeune (1654-1733)
Le tableau est conservé au Musée des Beaux-arts de Saint-Etienne D 62.1.3
Dépôt du Musée du Louvre en 1962.
Mesures : 117 x 95 cm
En voici la description dans l'inventaire de 1775 : "de Boulogne le Jeune Procris assise regarde avec tendresse Céphale à qui elle présente un javelot. cette action paroit allarmer un Amour qui tient un flambeau allumé".
Je crois être le premier à noter le lien qui unit ces 4 toiles commandées au même moment : il me semble que la présence du Billard éclaire sur le choix iconographique retenu : comme dans le jeu, à tout moment dans la vie, un revirement de situation peut intervenir, en mal ou en bien d'ailleurs :
-comment Admète aurait-il pu espérer que son épouse revienne vivante des Enfers ?
-Latone et ses deux enfants, épuisés et mourant de soif, se trouvent dans une situation difficile, mais la transformation des paysans leur permettra de poursuivre leur chemin.
-Le tableau d'Hercule est explicite à cet égard : qui choisir entre la Volupté ou la Vertu ?
-enfin, Procris se doute t-elle qu'elle est en train de donner un javelot à son amant, javelot qui causera sa propre mort ?
C'est dire que les revirements sont toujours possibles dans l'existence. Que rien n'est jamais gagné, ni totalement perdu, ainsi que dans le jeu qui trône au centre de la pièce.
On constate alors la grande cohésion de ces 4 oeuvres commandées pour la même pièce.
16 novembre 2010.

Louis XIV jouant au billard
BNF Images SMITH LESOUEF 4635
Venu à Meudon le 22 avril 1699, le roi en est reparti le 24 ; le surlendemain, 25 avril, Mansart reçoit de Monseigneur l'ordre de faire effacer les peintures du plafond de son cabinet d'angle, de "l'imprimer de trois couches de blanc, et y peindre un plat-fond de Grotesques comme celuy de la chambre" [de Monseigneur].
Ainsi, le plafond de cette pièce est peint de Grotesques par Claude III Audran.
LE GRAND APPARTEMENT
DE MONSEIGNEUR AU BEL ETAGE

Plan du Grand Appartement de Monseigneur
au premier étage du château vieux de Meudon
Plan conservé à la BNF.
Le salon du billard étant commun à Monseigneur et au Roi, nous n'y revenons pas.

Vue du Grand Appartement de Monseigneur au premier étage avec un plan en 3D.
LA CHAMBRE
DE MONSEIGNEUR

Plan de la chambre du Grand Appartement de Monseigneur
Les mesures de la pièce sont les suivantes :
3,5 toises de largeur sur 4 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 55 m².
Etat sous Monseigneur :
La pièce fait partie du grand appartement de Monseigneur au bel étage. Son appartement est symétrique à celui situé juste en dessous, dit le Grand Appartement Frais.
Il s'agit de la Chambre de Monseigneur.
La chambre de Monseigneur dépasse toutes les autres pièces par sa somptuosité. Les marbres sont sculptés par Hubert Misson ; les panneaux de la boiserie, décorés de reliefs par Louis Nivet ; ceux des chambranles et des trumeaux, ouvragés par Goupil ; la corniche de plâtre est modelée par Hardy. Mais le principal ornement de cette pièce sera son extraordinaire cheminée, qui remplace la cheminée due au ciseau d'Hubert Misson. Nous voyons dans le "Mémoire de ce que Monseigneur a reiglé a Meudon le 17e Janvier 1699" le Dauphin recommander de "ne point demolir La cheminee de la chambre a coucher Jusqu'à ce que La belle cheminee soit preste aposer - de demolir seulement la bordure de sculpture en Plaque dorée afin de faire passer La tapisserie de haute lisse qui y sera mise par-dessus Laplace de Lad. bordure".
(...)
Sous le pinceau d'Audran, le plafond de la chambre du dauphin se couvre de grotesques légers. Le prince s'en montre satisfait, puisque nous le voyons étendre sa commande d'accord, sans doute, avec Louis XIV. "S. M., écrit Dangeau, est fort contente de tout ce qu'on a fait ici, et a trouvé l'ameublement de l'appartement de Monseigneur magnifique et agréable au dernier point".
Ainsi, le plafond de cette pièce est peint de Grotesques par Claude III Audran.

Schéma de la cheminée de Monseigneur
AN, Maison du Roi, Meudon.
"Mémoire de ce que Monseigneur a Reiglé à Meudon le 17e Janvier 1699".

Projets de cheminée par Jean Bérain
Musée des Arts Décoratifs.
Cette gravure de projets de cheminées proposée par Bérain
nous donne un indice sur l'aspect somptueux de celle de Meudon.
Les tableaux placés
dans la chambre de Monseigneur
Dans la chambre du prince sont exposés les tableaux suivants :
Le Bacchus assis de Léonard de Vinci ;

Le Bacchus de Léonard de Vinci
Conservé au Musée du Louvre
Une "Sainte Conversation" du Titien qui réunit, autour de la Vierge et de l'Enfant, saint Marc, saint Etienne et saint Ambroise :

La Vierge à l'Enfant avec saint Étienne, saint Jérôme et saint Maurice
Vers 1520 Collection de Louis XIV, don du prince Camillo Pamphili en 1665
Musée du Louvre Département des Peintures INV 742 H. : 1,10 m.
Et un tableau du Guide (Guido Reni) offert au roi par le cardinal de Bonzi en 1696, figurant la Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste, un ange et le donateur agenouillé.
LA SALLE A MANGER
DE MONSEIGNEUR
SECONDE ANTICHAMBRE
DIT "L'ANTICHAMBRE" DANS LES INVENTAIRES

Plan de l'Antichambre de Monseigneur
Les mesures de la pièce sont les suivantes :
3,8 toises de largeur sur 4 toises de longueur
Soit une superficie d'environ 60 m².
Etat sous Monseigneur :
La pièce fait partie du grand appartement de Monseigneur au bel étage. Elle constitue la salle à manger. Le plafond de cette pièce est peint de Grotesques par Claude III Audran.
Les 4 peintures installées en dessus-de-porte
de l'antichambre de Monseigneur, dite la Salle à Manger
En 1700, le Dauphin commande quatre dessus-de-porte, comme il l'a fait pour le Salon du Billard, figurant :
1°) "la naissance de Bacchus" de Jean Jouvenet,
Ce tableau appartenait encore au Musée du Louvre jusqu'en 1872,
date à laquelle sa trace était perdue.

La Naissance de Bacchus, de Jean Jouvenet
Collection particulière, localisation inconnue
Clémentine Gustin-Gomez (L'avènement du plaisir dans la peinture Française)
a publié une image de très grande qualité de ce tableau,
dont notre image ne rend compte de sa qualité que très imparfaitement.

Dessin de l'une des nymphes
Oeuvre conservée au musée de Sacramento, Crocker Art Museum (USA)
Dans cette étude, la nymphe est couverte d'un drapé.
Jouvenet a préféré la dénuder dans la version finale !
2°) "Silène barbouillé de mûres par la nymphe Eglé" d'Antoine Coypel.

Silène barbouillé de mûres par la nymphé Eglé -
par Antoine Coypel, conservé au Musée des Beaux-arts de Reims.

Détail du tableau de "Silène barbouillé" d'Antoine Coypel
Oeuvre conservée au Musée des beaux-arts de Reims.
Voyez la malice de la nymphe Eglé qui barbouille de mûres le visage de Silène complétement ivre !
Le tableau est peint pratiquement au même moment que le portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud ! On comprend ainsi que Versailles est la résidence de la Cour, quand Meudon est un lieu de retraite pour Monseigneur.
Ce tableau d'Antoine Coypel est un peu l'image de Meudon sous Monseigneur. Il rappelle une même oeuvre de l'artiste exécutée pour le duc d'Orléans au Palais-Royal, quelques années auparavant.

Esquisse d'Antoine Coypel
pour "Silène barbouillé de mûres par la Nymphe Eglé"
Cabinet des Dessins du Musée du Louvre, INV RF 12357.
© Musée du Louvre, Département des Arts graphiques Fonds des dessins et miniatures, Petit format

La gravure du tableau est inversée pour pouvoir la comparer avec le tableau.
3°) "Le triomphe de Bacchus" par Charles de La Fosse ;

Le triomphe de Bacchus, par Charles de la Fosse
Conservé au musée du Louvre.
4°) " Vénus, Bacchus et Cérès", de Bon Boulogne ;

Vénus, Bacchus et Cérès, par Bon de Boullogne
Conservé au musée du Louvre.
Le tableau est aussi intitulé "Bacchus et Ariane"
Une restauration totale de l'oeuvre serait bienvenue,
ainsi qu'il a été entrepris pour "l'Hyver" de Jean Jouvenet pour le château de Marly.
Ces quatres tableaux sont bien évidemment tous liés au mythe de Bacchus.
Seul le tableau de Coypel a un lien moins évident :
Silène est dans sa grotte car il a trop bu et s'est endormi ivre !
Il dénonce avec bienveillance les méfaits de l'excès de vin.
Je note également que l'ensemble des personnages représentés sont dénudés.

Essai de restitution de l'emplacement des tableaux de l'antichambre de Monseigneur,
dite la salle à manger, en dessus-de-porte de format rectangulaire
Photo-montage de l'auteur, 8 février 2011.
Comme nous l'avons mentionné pour le salon du Billard ci-dessus, cette gravure de Mariette représente le type de décor qui pouvait se trouver au Château de Meudon.
LA PREMIERE ANTICHAMBRE
DE MONSEIGNEUR
A NE PAS CONFONDRE AVEC "L'ANTICHAMBRE"
DES INVENTAIRES, PIECE PRECEDENTE

La pièce a une superficie d'environ 50 m².
Etat sous Monseigneur :
La pièce est la dernière de l'appartement de Monseigneur au bel étage. Il s'agit de l'antichambre.
Les 2 et 19 janvier, le 3 février 1700, Monseigneur a convoqué Mansart pour discuter avec lui la décoration de sa nouvelle antichambre. Cette pièce - la dernière du grand appartement - est dorée de la plinthe à la corniche et terminée en forme de coupole. Dezaigre a exécuté les travaux de marbrerie de la salle ; Tarlay sculpte les deux cheminées de brèche violette ; Desjardins et Lespingola, l'un créant sans doute les modèles, l'autre reprenant les bronzes, ont collaboré à l'exécution des bronzes des cheminées ; enfin André-Charles Boulle a fixé au-dessus de ces cheminées des "doubles bras de lumière".
L'ESCALIER DE MONSEIGNEUR

Les mesures de la pièce sont d'environ :
7,5 m de longueur pour 3 m de largeur.
Soit une superficie d'environ 23 m².
Cet escalier permet d'accéder au deuxième étage, notamment au logement de la princesse de Conti.
L'APPARTEMENT
DE MADAME DE MAINTENON
Il s'agit de l'ancien appartement du Cardinal de Lorraine.


Plan général de la moitié de l'aile Est au premier étage :
l'appartement de Madame de Maintenon avec la vue sur Paris.
A Meudon, l'épouse morganatique de Louis XIV bénéficiait de la plus belle vue sur Paris
pouvant se rappeler ses souvenirs de jeunesse, du temps où elle n'était que l'épouse du poète Scarron.
L'ANTICHAMBRE
DE MADAME DE MAINTENON
(ANCIENNE CHAMBRE DU CARDINAL DE LORRAINE)

Le plan de l'antichambre, AN
Les mesures de la pièce sont d'environ :
7,5 m de longueur pour 6 m de largeur.
Soit une superficie d'environ 45 m².
Etat sous Monseigneur :
A partir de 1696, cette pièce va servir d'antichambre à l'appartement de Madame de Maintenon.
LA CHAMBRE
DE MADAME DE MAINTENON
(ANCIEN CABINET DU CARDINAL DE LORRAINE)

Le plan de la chambre, AN
Les mesures de la pièce sont d'environ :
7,5 m de longueur pour 5,5 m de largeur.
Soit une superficie d'environ 42 m².
Etat sous Monseigneur :
A partir de 1696, cette pièce va servir de chambre à madame de Maintenon
LE CABINET DE MME DE MAINTENON
DIT LE CABINET DES MIROIRS
(SITUE AU BOUT DE L'AILE EST)
A NE PAS CONFONDRE
AVEC LE CABINET DES GLACES DU ROI
(ANCIENNE "CHAMBRE BLANCHE"
DU TEMPS DU CARDINAL DE LORRAINE)

Le plan du Cabinet des Miroirs, AN
Les mesures de la pièce sont d'environ :
6,5 m de longueur pour 5 m de largeur.
Soit une superficie d'environ 33 m².
Le cabinet des miroirs est l'une des plus belles pièces du château.
Etat sous Louvois :
Cette pièce, dès Louvois, était entièrement garnie de miroirs.
Etat sous Monseigneur :
En 1695, cette pièce a servi temporairement à l'appartement de la princesse de Conti.
A partir de 1696, cette pièce va servir à l'appartement de madame de Maintenon, comme cabinet.
Pour rendre cette pièce plus confortable, Monseigneur y fait placer des portières, des paravents et garnir les placards de satin de Florence "rayé par bandes l'une cramoisy à fleurs et l'autre incarnat et blanc façon de la chine".

Cheminée du Cabinet des Miroirs de Meudon
Dessin cité par Christophe Bourrel Le Guilloux en 2010, que je remercie.
Ce dessin nous montre un décor pour la cheminée du cabinet des miroirs qui date du XVIIIe siècle.
La pièce était ornée de 4 dessus-de-porte.
Monseigneur les a commandé spécialement pour Meudon,
comme il l'a également fait pour le salon du Billard, ainsi que pour son antichambre.
1°) Abigaïl offrant des présents à David de Louis Boulogne le jeune (1654-1733)

Abigaïl donnant des pains à David
par Louis Boullogne le jeune (1654-1733)
Tableau conservé au musée du Louvre, INV 8548
Il s'agit du tableau original qui a été commandé spécialement pour cette pièce à Meudon, et qui a été rentoilé :
c'est pourquoi la peinture a perdu sa forme ovale d'origine.
Ce tableau est cité dans l'"inventaire des tableaux qui sont à Meudon", (inventaire A entre 1702 et 1706), de la manière suivante :
"Lesieur Boulogne Cadet : Un tableau ovale représentant David a qui l'on apporte une corbeille de pain hauteur de 3 p 1/2 sur 2 p 1/2 de large ou environ.
Du fait de son organisation, il ne fait aucun doute que ce tableau était placé sur la gauche de l'une des parois.

Dessin pour Abigaïl offrant des présents à David
par Louis Boullogne le jeune (1654-1733)
Cabinet des dessins du Musée du Louvre
Voici le dessin montrant le format original de la toile,
qui était similaire aux 4 tableaux ovales du salon du Billard, situé à l'opposé de l'aile Est.
Sur la droite, j'ai restitué le format original du tableau, qui rend toute sa cohérence à l'oeuvre.
(fait le 19 février 2011).
2°) Moïse présenté à la fille de Pharaon, de Nicolas Colombel (1646-1717)
Voici la description du tableau d'après les inventaires :
"Lesieur Coplombel : un tableau ovale représentant Moyse présenté à la fille de Pharaon, hauteur de 3 p1/2 sur 3 p de large".
3°) Moïse et les filles de Jethro, par Alexandre Ubeleski (1628-1715)
dénommé "Alexandre" seulement dans les inventaires.
Ce sujet a été assez rarement traité (Exode, II, 16) : Moïse s'interposa pour repousser des bergers qui tentaient d'interdire aux filles du prêtre Jethro l'accès à un puits. Le Cabinet des dessins du musée Louvre conserve un dessin de Nicolas Poussin sur le sujet (INV 32432), dont Alexandre aurait pu s'inspirer.
4°) La réception de la reine de Saba à Jérusalem, par Charles-François Poerson (1653-1725).
Il est le fils du peintre Charles Poerson.
Le peintre avait réalisé en 1681 l'"Allégorie de l'alliance du Dauphin de France avec Marie Anne Victoire de Bavière", qui constitua son morceau de réception à l'Académie.
LA QUESTION DU DECOR INTERIEUR
DU CHATEAU VIEUX DE MEUDON
Si notre connaissance des peintures placées à Meudon est quasiment parfaite, il en est tout autrement de notre connaissance de la décoration intérieure, c'est à dire de toutes les boiseries du château. Il n'a pas encore été possible d'identifier des dessins liés à Meudon. Toutefois, nous pensons que des identifications vont pouvoir être effectuées dans les mois et années à venir, ce qui permettra d'obtenir du Château Vieux une vision bien plus juste.
En attendant de telles trouvailles, il nous est néanmoins possible de faire des comparaisons. Certaines gravures sont à cet effet fort utiles : elles représentent des décors intérieurs dont la localisation n'est pas spécialement spécifiée. Il se peut que certains gravures de Lepautre ou Mariette aient puisées dans les décors de Meudon.
Gravure comportant la mention "P. le Pautre Sculp."
Conservée à l'ENSBA, Paris.
Nous pensons que les boiseries de Meudon étaient très proches de tels décors.
La forme de la baie de gauche est celle que l'on retrouve pour toutes les fenêtres du Château Vieux :
rectangulaire à l'extérieur et cintrée à l'intérieur, ainsi qu'on le retrouve également à Versailles.
Le décor de droite, comportant un dessus-de-porte ovale, est à rapprocher du Salon du Billard.
Gravure comportant la mention "Mariette Excudit."
Conservée à l'ENSBA, Paris.
Même remarque au sujet de cette gravure, dont le décor est moins riche que le précédent.
La forme des dessus-de-porte de la paroi de gauche renvoie à l'antichambre de Monseigneur,
où se trouvaient les 4 tableaux de même format liés à Bacchus.
La paroi de droite, avec ses cercles boisés au milieu de la paroi, doit être comparée
avec les boiseries de la Galerie du Château Neuf, un peu plus tardives car plus développées.