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LE CHATEAU DE MEUDON 



Venez découvrir le domaine embelli par les plus grandes figures de l'histoire de France : François Ier, Louis XIV, Louis XVI, Napoléon ... 

 

 
 


LA GRANDE PERSPECTIVE 
DE MEUDON




L'axe de la Grande Perspective, d'après la gravure de Mariette, début du XVIIIe siècle. 

Les jardins de Meudon sont constitués par 3 zones distinctes :
la Grande Perspective est l'axe monumental, réalisé en fonction de l'emplacement initial du Château-Vieux.
Nous l'avons encadré par deux traits rouges sur le plan ci-dessus. Il commence au bas de l'avenue du château, pour se terminer en haut du Tapis Vert, se prolongeant même dans la plaine de Trivaux.

Il constitue un espace d'une régularité époustouflante,
si l'on songe que l'ensemble du terrain possède une déclivité considérable.
De part la nature du site, la Grande Perspective n'aurait jamais dû voir le jour ... 


Cet axe monumental mesure 3,5 km de distance !





La Grande Perspective du côté des jardins


Le parterre du Château Vieux 


1°) Premier état : le parterre carré 


La vue du château de Meudon du côté du jardin
Gravure à l'eau-forte par Gabriel Pérelle, Vers 1650-1660. 

Voici le parterre du château à la mort d'Abel Servien, vers 1660. 
On y découvre la statue en bronze de Mercure et Psyché, offerte par la reine Christine de Suède.





Mercure et Psyché, 
Bronze offert par Christine de Suède à Abel Servien, 1654. 
Conservé au musée du Louvre. 

Cette statue placée juste au-dessus de l'Orangerie était particulièrement mise en valeur : elle symbolisait la marque de sympathie de la reine Christine de Suède auprès d'Abel Servien, surintendant des finances de Louis XIV. 

 



2°) Second état : le parterre d'André Le Nostre


Vue du parterre du Grand Château depuis la coline de Fleury et Clamart.
 

Dessin d'Israel Silvestre, sous Louvois, vers 1680-1690. 

Le dessin de Silvestre nous montre l'aménagement du nouvel espace :
la fontaine circulaire est reléguée au bout du parterre, au-dessus de l'Orangerie. 




 


Plan du parterre du Château-Vieux avec les Berceaux. 

Dessin attribué à André Le Nostre, vers 1680. 

 

Le parterre carré sera modifié pour donner naissance à deux parterres de broderies,
à la façon des "tapis de Turquie". Cette modification ne peut pas avoir été
réalisée avant l'arrivée de Louvois, comme le présume à tort Frédéric Sichet.
De même, le tracé de ces broderies ne peut pas être daté d'après Louvois.
Les historiens des jardins n'ont donc aucune raison valable pour contredire Paul Biver (1923). 







La vue depuis le balcon du Salon des Maures,
au premier étage du Château-Vieux.

 


Schéma restituant les subtils jeux d'optique d'André Le Nostre.
Restitution virtuelle d'Hervé Grégoire, décembre 2012 & schéma de l'auteur, tous droits réservés.


On constate que la vision d'optique réalisée efface complètement l'ensemble de la grande perspective, dont on ne peut découvrir l'étendue qu'en s'avançant au bout du petit bassin central, lequel semble avoir la même taille que l'Etang de Chalais !

Autre jeu d'optique encore plus étonnant : la largeur des plates-bandes du parterre semble égale à celle du tapis vert situé tout au fond ! On découvre ici tout le génie déployé par André Le Nostre à Meudon, qui sait s'adapter à la topographie ingrate d'un site, pour le mettre en valeur. 







Schéma montrant les lignes visuelles des bassins.
Schéma inédit de l'auteur, décembre 2012. 


J'ai procédé à l'établissement de ce schéma, qui nous prouve que, vu depuis le premier étage du Château-Vieux, le bassin circulaire semblait de même proportion que l'étang de Chalais. Pourtant, vous découvrez que la taille des deux pièces d'eau n'a rien à voir !





Le bassin circulaire situé au-dessus de l'Orangerie. 

 

Détail de la fontaine circulaire située au bout du parterre.
Archives Nationales, O1 1521, photographie de l'auteur, juin 2010.
 
Le plan des archives nationales est si précis qu'il nous indique,
outre les broderies, les ifs et autres plantations, ainis que l'emplacement des vases de marbre. 





Dessein de la décoration et du feu d'artifice tiré à Meudon, 13 septembre 1756.
Gravure conservée aux Archives des Hauts-de-Seine, sous les références 1 FI MEU 71
 
Cette gravure représente la décoration du feu d'artifice qui fut donné à Meudon,
à l'occasion de l'anniversaire des 5 ans du duc de Bourgogne, le frère ainé du futur Louis XVI.
On constate aisément que l'installation temporaire avait été placée
entre le bassin rond et les escaliers de l'Orangerie.







Mise en parallèle du plan et de la gravure.
Comparaison de l'auteur, 10 mai 2011.
 
En comparant le plan et la gravure de la fête, il est possible d'affirmer que les carrés roses matérialisent à cet endroit la présence de vases, dont le modèle simplifié de la gravure doit encore être assez loin de la réalité. On sait d'ailleurs d'après les inventaires
en quels marbres ceux-ci furent réalisés. 


C'est toujours dans la confrontation de deux documents graphiques que naît une vérité. 







Différentes formes de buis taillés pour les jardins de Versailles.
Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon Dessins  V ms 71  Collection Grosoeuvre
Album "décoration intérieure et jardins de Versailles" crayon noir, sanguine
 
Ce dessin nous donne différents modèles de buis taillés à Versailles.
Remarquez que sur la comparaison précédente se retrouve un buis taillé de cette manière. 







Schéma du Château-Vieux avec son reflet dans le bassin circulaire.
Dessin de l'auteur et d'Hervé Grégoire. 13 janvier 2013. Tous droits réservés. 
 
Voici la vision du château depuis le bout du bassin circulaire :
on découvre avec surprise le reflet de la totalité du Château-Vieux dans sa longueur,
tandis que dans sa hauteur, l'ensemble du rez-de-chaussée disparait dans le reflet,
du fait de la distance entre le bassin et le château.

Cette distance entre le Château-Vieux et le bassin circulaire
semble alors visuellement égale à la hauteur du rez-de-chaussée du Château-Vieux de Meudon ! 





La vue du Château-Vieux
depuis le haut de l'Orangerie.



Schéma montrant l'augmentation progressive des bassins.
Schéma inédit de l'auteur, décembre 2012. 

 

Comme à Versailles ou dans tous les autres jardins d'Ile-de-France, la taille des bassins augmente au fur et à mesure que l'on s'éloigne du château, pour permettre un parfait équilibre visuel. Le schéma nous montre ainsi que depuis le haut de l'Orangerie, le bassin du parterre de l'Orangerie semble égal à celui du Grand Carré, qui pourtant dispose d'une superficie dix fois supérieur. Il en est de même avec l'étang de Chalais par rapport au Grand Carré. 






Vision de la Grande Perspective depuis le haut de l'Orangerie. 
Gravure d'Israël Silvestre, fin du XVIIe siècle.

La gravure de Silvestre est d'une minutie extrême 
pour ce qui concerne les plantations et espèces de végétaux. 

 
Néanmoins nous nous sommes rendus compte qu'elle condense plusieurs points de vue, et donc qu'elle est totalement fausse au niveau de la vision. En outre, comparez la gravure de Silvestre avec notre restitution ci-dessous et vous verrez vous-même que l'emplacement du Grand Carré et de la grille d'eau n'est pas à sa bonne place sur la gravure. Il faut être toujours critique vis à vis des documents graphiques, même originaux et réalisés par les plus grands dessinateurs du Grand Siècle. Néanmoins, l'historien de l'Art ne peut plus se contenter de telles remarques : il faut désormais qu'il propose lui-même les corrections à réaliser, et les visions restituées, corrigées, et justifiées. C'est que les moyens techniques dont il dispose permettent aisément ce nouveau travail, scientifiquement indispensable pour une meilleure compréhesion d'un site. 






Restitution graphique de la vision de la Grande Perspective depuis le haut de l'Orangerie. 
Schéma d'Hervé Grégoire et de l'auteur, 2011. Tous droits réservés. 

Voyez comme les trois pièces d'eau semblent avoir une taille identique depuis ce point de vue. En outre, vous imaginez la surprise du visiteur, qui découvre toute une nouvelle vision, puisque depuis le Château-Vieux, il n'avait pas pu appréhender le parterre de l'Orangerie, ainsi que le bassin du Grand Carré.

En d'autres termes, plus le visiteur s'avançe, plus la perspective s'agrandit !


De plus, je note, de ce point de vue, que la pelouse située entre le Grand Carré et la grille d'eau semble de même longueur que la pelouse située entre la grille d'eau et l'étang de Chalais. Or en réalité, cette dernière distance est trois fois plus grande que la première. Encore une illustion du fait de la pente.






La perspective entre le parterre
de l'Orangerie et l'étang de Chalais 




Etat actuel et essai de restitution de l'axe de la Grande Perspective
Réalisation de l'auteur, 3 juin 2011.

Cette comparaison permet de clairement savoir les zones et bâtiments dans l'emprise de l'axe à restituer. Seuls deux hangars totalement inutiles sont à démolir ! Nous n'avons pas restitué le Grand Carré et la Grille d'eau sur le schéma de droite, par simplification. Tout doit être entrepris rapidement pour restituer cet axe monumental, qui va redessiner l'ensemble du site et lui redonner toute sa cohérence.



 

 

Le bassin du Grand Carré


Plan du bassin du "Grand Carré" et de la grille d'eau
Gravure de Mariette, première moitié du XVIIIe siècle. 

Voyez comme le bassin du Grand Carré a un plan rectangle.
Il permet d'accéder au moyen du parterre de l'Ovale à la partie des jardins bas. 








Détail du Grand Carré, sur la gravure d'Israel Silvestre. vers 1685.
 

Ce bassin n'est pas carré du tout ! C'est un rectangle, de très grande dimension, qui devient carré lorsqu'il est vu depuis la terrasse du château, au-dessus de l'Orangerie. Il s'agit d'une vision d'optique parfaitement calculée, puisque, de cet emplacement, le bassin paraît de même taille que le bassin du parterre de l'Orangerie.

Il permet de rythmer la grande perspective, qui sinon serait trop uniforme. Son jet central s'élèverait à 13 mètres. Le bassin alimente directement la Grille d'Eau, le Grand Ovale et le Canal de l'Ombre. 

 



Restitution du reflet du Château-Vieux de Meudon dans le Grand Carré
Restitution de Franck Devedjian et d'Hervé Grégoire, 20 mai 2012.

 
 
Nous avons pu restituer l'effet de miroir d'eau du bassin du Grand Carré.
L'image parle d'elle-même. Ce type de bassin est le même que le miroir d'eau de Vaux. 
Sa réalisation date du temps d'Abel Servien, vers 1654-1659. 



 

LA GRILLE D'EAU
 OU LE PONT D'EAU



La grille d'eau vue depuis le haut de la Terrasse.
Gravure d'Israel Silvestre, collection de l'auteur. 





La grille d'eau vue de l'autre côté, en se plaçant sur le tapis vert.
Gravure d'Israel Silvestre, collection de l'auteur
Cette représentation est plus fidèle que la précédente. 
 
 
La Grille d'Eau (ou Pont d'eau) donnait du relief à la perspective. Les 10 jets d'eau devaient "scintiller". Ce bassin a 24,50 toises de long sur 5 toises de large, 7 pieds de profondeur. L'eau s'écoule ensuite par une conduite de 7 pouces jusqu'à la pièce des 7 jets et alimente celui du milieu.

Cet ensemble servait de clôture "discrète" aux jardins de Meudon, distinguant les jardins du Parc.
 
 
"Le Pont d'Eau [La Grille] reçoit l'eau par un tuyau de plomb d'un pouce qui est branché sur la conduite des eaux de sources. Les dix jets du pont d'eau jouent d'une fourche de tuyaux de fer de 6 pouces chacun qui sont branchés sur un tuyau de fer de 10 pouces qui vient du Grand Carré..."

 



La Grille d'Eau dans les jardins de Vaux
Dessin de Silvestre, Cabinet des arts graphiques du musée du Louvre. 

 
 Meudon et à Vaux, le même vocabulaire est employé. 



 


L'ETANG DE CHALAIS
 

 tapis vert
Dessin d'Israël Silvestre, représentant la vue depuis le Tapis Vert, en direction du château.
Cabinet des arts graphiques du musée du Louvre. vers 1680-1690. 

Même remarque que pour la gravure précédente de Silvestre :
cette vision est impossible dans la réalité ! 

Comme précédemment, Silvestre condense ici plusieurs points de vues. 

 
 



 
Plan de l'étang de Chalais
Anonyme France XVIIIe siècle - Papier aquarellé 14 x 7,7 cm
Plans des Reservoirs et Etangs qui sont à Meudon  et aux environs. Ausquels sont marquez leurs superficies
et la hauteur d'eau qu'il faut pour les emplir avec les niveaux de toutes les eaux et des fontaines
qui sont dans les jardins et Parc de Meudon et des environs
Fonds : Bibliothèque municipale de Versailles N°identification : MSP141_fol 7v


Ce dessin conservé à la bibliothèque municipale de Versailles est à rapprocher
du Traité des Eaux de Meudon, rédigé par Nyon, dans le même style, en 1699.







Vue de l'Etang de Chalais depuis le haut de l'orangerie du Château-Vieux.
Gravure d'Israël Silvestre, collection de l'auteur. 

Voyez comme il a fallu procéder à des remblais importants sur la gauche,
pour permettre la régularité de la pièce hexagonale. Celle-ci a été réalisée sous Servien. 




 

     
L'environnement de l'Etang de Chalais, aujourd'hui
Image Google Earth, 2011. 
 

Cet étang est conservé de nos jours intégralement ! Malheureusement, son accès y est interdit, puisqu'il ne bénéficie qu'à une obscure société de pêches. Imaginerait-on aujourd'hui le domaine de Sceaux interdit d'accès ? Il faut rendre à tous l'accès aux berges de cet étang magnifique. Cela constituera l'une des plus belles promenades de toute la région parisienne. 




 


Vue d'une galiotte sur l'Etang de Chalais
(gravure de Pérelle)

 

On trouve dans les comptes des Bâtiments du Roy (CBR) des mentions au sujet de bateaux :
"MENUISERIE 17 mars 1697 : à Tassot, menuisier, pour l'entretien des trois chaloupes de Meudon, pendant les six derniers mois 1696"


 



Vision de la perspective depuis le bout de l'étang en direction du château
Schéma de l'auteur et d'Hervé Grégoire. 2012, tous droits réservés. 

Voici la vue réelle que l'on obtenait en nous plaçant au Sud de l'étang de Chalais, dans l'axe. 
On se rend compte alors que le niveau entre l'étang et le parterre de l'Orangerie
s'équilibre, sans être néanmoins égal, avec la masse de l'Orangerie et du Château-Vieux.


C'est alors le pavillon central de Louis Le Vau, édifié sous Servien (vers 1654-1659)
qui ressort particulièrement dans toute cette composition monumentale.
C'est LE point de fuite de la perspective, et on comprend la nécessité de modifier
l'ancien pavillon renaissance visible sur la gravure de Chastillon,
pour obtenir un point d'attraction visuel fort.  





LE TAPIS VERT



Rappelez-vous que le Tapis Vert paraît minuscule depuis le premier étage du Château-Vieux  !

Et pourtant ...








Vue aérienne du tapis vert avec, avec à droite, l'étang de Chalais.
Photographie Google Earth, 2010. 

En plan, le Tapis Vert, parfaitement conservé de nos jours, est d'une longueur démesurée. 






Le Tapis Vert vu depuis la Grande Terrasse
Gravure d'Israël Silvestre. 


Le tapis vert mesure plus de 700 mètres de long, pour une largueur de 50 mètres. Cet espace est constitué d'une pelouse, qui coupe la coline en deux. De part et d'autre du tapis de gazon se trouve une allée avec deux rangées d'arbres parfaitement alignés. 







Plan du Tapis Vert. AN, Atlas Trudaine.  
Seconde moitié du XVIIIe siècle. 

On peut constater qu'un canal passe sous le Tapis Vert. La maçonnerie de cet ouvrage a t-elle subsistée jusqu'à nos jours ? 






Vue actuelle du Tapis Vert, et dans le fond, de l'Orangerie.
Photographie de Franck Devedjian, avril 2010
 

L'importance des travaux de terrassement du tapis vert sont comparables à la création de la Grande Terrasse de Meudon par Abel Servien. Voyez comme la vue est toujours bouchée entre l'étang de Chalais et l'Orangerie. Quel désastre paysager !


 


LES INSTALLATIONS 
VOISINES DE LA GRANDE PERSPECTIVE



 
 
LE CANAL DES TRUITES


L'environnement du Canal des Truites
Gravure de Mariette. XVIIIe siècle.


Le canal des truites est situé tout près de l'étang de Chalais, mais il est désaxé
par rapport à la Grande Perspective, ainsi que par rapport à l'un des côtés de l'hexagone. 


En arrivant de l'allée depuis le château, on devait ainsi avoir la surprise de voir un canal
de taille modeste, mais ce n'est qu'en en faisant le tour que l'on se rendait compte
de sa longueur importante. 





 

Plan du Canal des Truites, avec sa superposition avec le Hangar Y.
Dessin de Michel Jantzen, 1979. 







Vue du Canal des Truites depuis le haut de l'Orangerie. 
Le bassin se distingue à peine sous cet angle.

Détail de la gravure d'Israël Silvestre, représentant la grande perspective de Meudon.

 




Le pavillon Français dessiné par Louis XVI
en haut du tapis vert (1783)
(initialement prévu comme un pavillon Anglo-Chinois)

 

Plusieurs documents datés du 29 avril 1783, conservés aux Archives Nationales, nous décrivent l'aspect de manière très précise du pavillon bâti par ordre de Louis XVI et qui fut édifié en haut du tapis vert de Meudon. Nous sommes à peu près certain que les fondations de cet édifice doivent toujours être en place sous la pelouse du tapis vert. Une fouille archéologique permettra d'en découvrir les faibles restes.

Un courrier du 14 avril 1783 mentionne que :

Le Roy m’a chargé de vous remettre de sa part les plans, coupes et élévations d’un pavillon devant servir de repos de chasse qu’il a projeté et dessiné lui-même et que j’ai mis au net d’après ses minutes en conséquence et ses ordres.

Sa Majesté m’a chargé de vous dire, Monsieur le Comte, en vous remettant les papiers ci joints, que le pavillon qu’Elle a projeté, est pour être placé en face du château de Meudon dans la grande allée de l’étang de Chalais, précisément à l’endroit où cette allée commence à descendre ; qu’il doit être orienté ainsi qu’il est indiqué sur le plan général et qu’Elle désire que son exécution ait lieu pendant la présente campagne, n’importe à quelle époque.

Il est assez  incroyable de songer que c'est Louis XVI lui-même qui a dessiné ce pavillon. Les premiers dessins nous montre un pavillon réalisé dans le goût Anglo-Chinois, fortement marqué. Mais la réalisation définitive a opté pour une atténuation très forte de cette influence. Le pavillon, avec l'ajout de refends, se rapproche bien plus du style français. Seuls quelques détails rappellent l'influence de l'Anglo-Chinoiserie, dont l'arc de l'escalier et la toiture.



Ce bâtiment servait donc tant de relai de chasse que de point de fuite à l'ensemble de la perspective. Il s'agit de l'ultime aménagement modifiant l'aspect de la Grande Perspective avant son déclin progressif.

Vincent Maroteaux a judicieusement publié l'élévation de ce pavillon de chasse dans son ouvrage Versailles, le roi et son domaine, edition Picard, 2000, p. 141, fig 75.
 


Plan et élévation du pavillon de chasse de Louis XVI
Archives Nationales O1 1521
, Photographie de l'auteur, 16 mai 2011.

Ce document nous montre que le pavillon était placé tout en haut du tapis vert,
à l'intersection de la pente descendant jusqu'à l'étang de Chalais
et du plateau du côté du Plessis.









Elévation du pavillon de chasse de Louis XVI, vu depuis le Sud.
Archives Nationales O1 1521
, Photographie de l'auteur, 16 mai 2011.

La toiture du pavillon n'est pas sans rappeler l'influence de l'Anglo-Chinoiserie
durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, en France et notamment à la Cour.

Chose assez curieuse : le pavillon était encadré de 12 arbres,
qui en masquaient l'aspect extérieur pour partie !
En outre, il était ceinturé d'une petite barrière de bois servant de clôture.


On constate que le goût anglo-chinois a été très fortement atténué dans cette petite construction : c'est bien l'Art Français qui prend le dessus. De chinois, a été retenu la pente de la toiture du toit, ainsi que l'arche. Remarquez la beauté des lignes architecturales, qui jouent avec le carré. C'est un très bel édifice qui montre que le domaine de Meudon était encore l'un des lieux très appréciés de Louis XVI, qui y venait chasser régulièrement.

La réalisation définitive ajoutera des refends.






Plan du rez-de-chaussée et du sous-sol du pavillon de Louis XVI
Archives Nationales O1 1521
, Photographie de l'auteur, 16 mai 2011.

Voici le plan du niveau principal à gauche, auquel on accédait par un perron à double révolution.
A droite est tracé le plan du sous-sol, dont l'accès s'effectuait sous la petite arcade centrale.








Coupe du pavillon de Louis XVI
Archives Nationales O1 1521
, Photographie de l'auteur, 16 mai 2011.

Cette coupe technique, très bien détaillée, nous donne l'élévation exacte du pavillon.
On y découvre le sous-sol au plafond bas, et le salon principal, orné d'une cheminée,
laquelle était surmontée d'un miroir en masquant le conduit.

Les combles non aménagés étaient inaccessibles.
Deux lucarnes ici représentées ne le sont pas sur l'élévation extérieure ci-dessus.


En conclusion au sujet de ce pavillon, on constate que l'ensemble des dessins précédents nous renseigne de manière très précise sur l'architecture de ce pavillon, dont nous ne connaissons pas, malheureusement, ni la décoration intérieure, ni le mobilier.





Plan présumé de l'emplacement du pavillon Louis XVI
Schéma de l'auteur, juin 2011.

Il semble que l'allée horizontale (à droite), qui part vers le stade du Petit-Clamart, est postérieure à la réalisation du pavillon, et a ainsi pu être percée par rapport à l'emplacement initial de ce dernier.
 







L'emplacement du pavillon Louis XVI au sommet du tapis vert.
Réalisation
d'Hervé Grégoire et de l'auteur, 19 janvier 2012.

Ce petit pavillon s'intégrait parfaitement à l'ensemble.
La façade comportant l'escalier était celle du Sud :
elle était donc invisible du côté du château.







Essai de restitution du pavillon de Louis XVI, situé en haut du tapis vert.

Réalisation virtuelle d'Hervé Grégoire et de l'auteur,

Version complétée du 19 janvier 2012. Tous droits réservés.

Voici la restitution scientifique que nous proposons pour le pavillon de Louis XVI.
Ce bâtiment pourrait tout à fait être restitué dans le cadre du "Grand Meudon". 


Nous sommes ici du côté de l'étang de Chalais : nous flottons au-dessus du tapis vert.
On découvre que le pavillon est encerclé d'arbres : étrange choix du roi !








Restitution virtuelle du pavillon anglo-chinois de Meudon.
Réalisation virtuelle d'Hervé Grégoire et de l'auteur,

Version complétée du 19 janvier 2012. Tous droits réservés.

Voici le dernier aménagement réalisé au sein de la Grande Perspective avant le déclin du domaine.
Notre version n'a pas représentée les refends, car elle s'est basée sur l'élévation ci-dessus.
Nous allons essayer d'en réaliser une nouvelle dans les meilleurs délais, pour corriger ce détail.





Aquarelle de Christian Bénilan représentant le pavillon et la perspective.

Image publiée sur son site internet. 

Mon ami Christian Bénilan a représenté ici le pavillon français dans son cadre général.
On reconnait dans le fond le Château-Vieux et l'Orangerie. Le garde-corps est attesté par les sources. 
 


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