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LE CHATEAU DE MEUDON 



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STANISLAS A MEUDON
Du 4 juin 1736 au 1er avril 1737




Restitution de la cérémonie célébrée le 18 janvier 1737
dans le Grand Vestibule du Château-Vieux de Meudon,
créant le marquis de La Galaizière chancelier de Lorraine,
en présence de Stanislas Leczinski.

Restitution graphique de l'auteur, 16 octobre 2012, tous droits réservés. 
D'après le tableau réalisé par François-André Vincent, en 1778, conservé au musée de Nancy. 



 
Quelques dates : 
 
4 juin 1736 : Stanislas Leszcynski, après son abdication d’avril, s’installe à Meudon provisoirement. « S. M. y va au moins une fois la semaine depuis que le roi et la reine de Pologne y habitent ». (Duc de Luynes). 
 
30 septembre 1736 : signature secrète de la fameuse "déclaration de Meudon" par le roi Stanislas sous la pression de Louis XV et le cardina Fleury. .Selon les termes de l'accord, la possession du duché de Bar sera "actuelle" pour Stanislas Leszczynski et "éventuelle" pour Louis XV.
 
18 janvier 1737 : Stanislas Leszcynski remet les sceaux au nouveau chancelier qui prête serment entre les mains du roi de Pologne. La cérémonie a lieu dans le grand vestibule du Château Vieux, au rez-de-chaussée du pavillon central. Le tableau de Vincent, qui relate cette cérémonie, est bien postérieur puisqu’il ne date que de 1778.
 
31 mars 1737 : « Le Roi a été aujourd’hui à Meudon dire adieu au roi et à la reine de Pologne. » (duc de Luynes). Ils quittent Meudon le lendemain, 1er avril. Les deux châteaux sont alors démeublés.

Eté 1743 : Face à la menace de Charles Alexandre, Catherine Opalinska, femme de Stanislas et mère de la reine de France, vient se réfugier à Meudon, tandis que Stanislas se réfugie à Metz. 



Les vers écris par Solignac,
secrétaire du roi de Pologne, en août 1736.


J'ai retrouvé ces vers inédits à la Bibliothèque Mazarine.
Vous pouvez aussi consulter ce document ici.

 

Aoust 1736
 
 
Sur le séjour du Roy et de la Reine de Pologne[1]
à Meudon.
 
Par monsieur de Solignac[2],
Secrétaire du Roi de Pologne.
 
 
C’est Meudon même qui parle.
 
Chef d’œuvre de l’Architecture,
D’un ministre puissant monument glorieux,
Et des fils de mes rois séjour délicieux,
     Je me faisois une volupté pure
De  voir ma gloire et mes plaisirs
Egaler, surpasser mes plus ardens désirs.
Sage, mais vaine erreur ! Un destin favorable
De mon bonheur passé vient redoubler le cours,
Et d’une époque mémorable
Daigne marquer mes plus beaux jours.
 
Un mystère de politique
Amène dans mon sein des plus lointains climats
Un Roy, qu’un souverain, fier d’un pouvoir inique,
Osa priver de ses Etats ;
Mais qui plus grand, plus despotique,
Que ce prince ne l’est sur ses peuples soumis,
     Donne la loi, même à ses ennemis ;
Et comme par un art magique,
Force avec eux tout l’univers
A respecter sa gloire, à pleurer ses revers.
 
Partout où la Justice étend son droit suprême,
Ce Prince étend ses droits vainqueurs ;
Et c’est à l’ardeur dont on l’aime
Que la Justice elle-même
Doit son pouvoir sur les cœurs.
Ils ont tous deux un même empire :
La Justice confond ses plus chers intérêts
Avec ceux de ce Roy qu’à l’envi l’on admire ;
Et ce Roy, s’attachant par des liens secrets
Tout ce qui pense et qui respire,
A droit de compter pour sujets
Ceux qu’à la justice il attire,
Quand il force les cœurs d’approuver ses projets.
 
      Que ne voit-on une telle harmonie
Entre la Justice et les Rois ?
Hélas ! Une funeste et sourde Tyrannie
Dans les Cours trop souvent en étouffe les loix ;
Et consommant l’ignominie,
Lors même qu’elle sçait devoir être impunie,
En affecte l’air et la voix.
 
Mais d’un cœur, d’où jamais elle ne fut bannie,
D’un Roy sage admirons la puissance infinie.
On diroit que pour lui le monde s’agrandit ;
Son immense patrie
S’étend sans fin aux yeux du Sarmate interdit ;
Sa gloire eroit partout ; partout elle est chérie ;
L’honneur mesme par luy se rend en crédit[3]
Et plutôt que l’éclat de son règne périsse,
Ce règne qu’ont formé ses attraits enchanteurs,
Il faut que la vertu succombe sous le vice,
Et que tout sentiment s’éteigne dans les cœurs.
 
Tel est le Roy que je possède,
     Un Roy plus grand que le trône qu’il cède,
Qui bravant les destins, qu’il ne scauroit changer,
Scait, en les soutenant, les vaincre et s’en venger ;
Qui dédaignant l’éclat de la pompe suprême
Ne connoit, ne poursuit, n’aime que le vrai bien,
Et ne le cherche qu’en soi même ;
Qui de son noble orgeüil s’est fait un diadème,
De la crainte de Dieu son plus ferme soutien,
De ses vertus son trône,
Et des charmes de la personne
Un sceptre plus puissant que ceux des plus grands Rois.
 
Vous, des humbles mortels les souverains arbitres,
Tirés-vous tant d’honneur de vos sanglans exploits ?
Et votre heureux pouvoir vaut-il de si beaux titres ?
Dans le noble métier de dispenser des loix,
     Lequel vaut mieux de l’austère puissance,
Qui sous un joug de fer tient un peuple abatu ;
Ou d’un règne sans violence
Sur des cœurs, enchainés par la seule vertu ?
 
 
Pour moi, je vois un Roy, dont le cœur magnanime
Préfère à son bonheur le sang de ses sujets ;
     Et qui, bien loin d’en faire sa victime,
Immole à leur repos ses plus brillans projets.
     Ainsi l’Amour, dont on leur fait un crime,
     Ce tendre Amour, qui s’imposa la loi
De ne vouloir que lui pour Roy,
Trouve sa juste récompense
Dans l’amour qui lui fait résigner sa puissance.
Mais quand de son départ son peuple est allarmé,
Quel chagrin dévorant ne sent-il pas lui-même 
     De ne laisser, que parce qu’il les aime
Des cœurs dont il est tant aimé ?
 
Que vois-je ? Et quel objet s’offre encor à ma vüe ?
D’une paix, au plutôt à sa fin parvenue,
Je possède déjà le gage le plus doux.
Une Reine, en qui la naissance
Auroit dû ne rien voir d’égal à sa puissance,
Partage ici le sort de son auguste époux ;
Et m’honnorant de sa présence,
Rend l’univers entier de mon bonheur jaloux.
Quelle Reine ! Grand Dieux, sur l’humaine nature
Répandés-vous souvent une vertu si pure ?
Un air fier, qu’adoucit cet air qui scait charmer,
Annonce son haut rang, et nous le fait aimer.
Humble avec dignité, je la vois dans mon temple
Donner aux souverains un salutaire exemple
     Et leur montrer que les plus beaux succès,
Les fait les plus hardis, tous les trônes du monde
Ne valent pas l’espoir où sa vertu se fonde.
C’est à cette vertu, que jusques à deux fois
Elle a sacrifié ses droits
Sur des Etats acquis par un choix légitime.
Elle a vû sans aigreur l’ambition, le crime
Se tracer à son trône un sentier odieux,
Et n’a rien désiré que le trône des cieux.
Faut-il moins aux désirs d’une âme si sublime ?
 
Un objet toutefois, doux charme de ses yeux,
La flate encor et l’intéresse ;
C’est son sang, digne choix de la sage tendresse
D’un Roy, qui presque égal aux dieux,
Tire un nouvel éclat de ce choix glorieux.
    Que j’aime à voir cette aimable princesse !
La nature pour Elle épuisant ses trésors,
L’orna de tous les dons et de l’âme et du corps ;
 
Et[4] de ces dons heureux l’assemblage céleste
Disparaît tous les jours à son regard modeste ;
Et cet oubli qui fait qu’Elle ne se voit pas
L’embellit encor plus, que ne font ses apas.
Les Grâces s’exprimant par son auguste bouche,
Se plaisent à ranger tous les cœurs sous ses loix ;
Un seul de ses accents nous enchante et nous touche ;
    Tout nous séduit jusqu’au son de sa voix
Jusqu’à ce jour livrée aux plus vives allarmes,
Elle vient recueillir le doux fruit de ses larmes
Dans les tendres embrassements
D’un père, que le sort des armes
A ses yeux éplorés déroba trop longtemps.
 
Que j’aime donc mes destinées !
Je vois trois têtes couronnées
Embellir à la fois mon tranquille séjour.
Plus heureux serois-je en ce jour,
     Si les talens pouvoient naître du zèle ;
Ou que mon zèle au moins dans la route nouvelle,
Que vient de lui tracer un timide devoir,
D’un accueil gracieux pût flater son espoir.
 
 
 
 



[1] Stanislas Leszczynski (20 octobre 1677 – 23 février 1766) et Catherine Opalinska (13 octobre 1682 – 19 mars 1747), son épouse, qui sont les parents de Marie Leszczy?ska, reine de France.
[2] Pierre-Joseph de La Pimpie, chevalier de Solignac (1687 - 28 février 1778). Il est cité dans la Biographie universelle, ancienne et moderne de Michaud, 1825, Tome 43, SOL – STO, p. 24 et 25. Il fut initié par Fontenelle et Houdar de La Motte « dans les secrets d’écrire, et composa, sous les yeux de ses maîtres, quelques essais qui lui valurent de nouveaux encouragements ». Il suivit le roi en exil, et mourut en Lorraine.
 
[3] Ce vers a été ajouté après coup, entre les deux vers qui l’encadrent.
[4] « Et » remplace un « Mais » barré.
 
 
 



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